Bruno Blasselle, Histoire du livre. Volume 1 : À pleines pages. Paris, Éditions Gallimard, coll. Découvertes, 1997, 160 p. par Annick Robert

Bruno Blasselle, Histoire du livre. Volume 1 : À pleines pages. Paris, Éditions Gallimard, coll. Découvertes, 1997, 160 p.
par Annick Robert

 

Le livre, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est l’aboutissement d’une évolution qui a commencé plus de 3500 ans après l’apparition de l’écriture et près de 1000 ans avant celle de l’imprimerie. Cette fabuleuse histoire est présentée par l’auteur Bruno Blasselle dans son livre intitulé « À pleines pages : Histoire du livre » (Tome 1) publié chez Découvertes Gallimard. Dans son livre magnifiquement illustré l’auteur nous fait découvrir les différentes étapes qui ont marqué l’évolution du livre de l’Antiquité à la Révolution française.

Le premier chapitre est consacré à l’apparition des premiers livres. Au tout début différents supports ont été utilisés comme par exemple; les tablettes d’argile, les pierres, les tissus, etc. Ce n’est que vers le IIIe millénaire avant Jésus-Christ que l’on verra apparaître un première forme de livre avec l’arrivée du papyrus qui triomphera en Égypte, en Grèce et à Rome. Les premiers livres se présenteront sous la forme de rouleaux, papyrus roulés appelés « volumen ». La première véritable révolution du livre se fera au début de notre ère avec l’apparition du « codex » qui est un assemblage de cahiers cousus ensemble et prenant l’aspect qui nous est encore familier aujourd’hui. Le codex par rapport aux rouleaux de papyrus a de nombreux avantages et qualités notamment, il est moins encombrant, se manie mieux, se range plus facilement et supporte l’écriture recto verso. De plus, le codex fixera des usages dont nous voyons encore les conséquences. Ces usages se trouveront principalement dans l’organisation des textes comme par exemple; division en chapitres, table des matières, titre, séparation de mots, etc. Le triomphe de cette nouvelle forme de livre sera étroitement lié à celle du parchemin dont l’usage connaîtra un grand essor durant plus d’un millénaire. Au Moyen âge ce seront les moines copistes et les monastères qui participeront à l’évolution des livres et ˆ la transmission des textes. À cette époque les moines se concentreront surtout à la transmission de la littérature latine et des textes religieux. De plus, de nouveaux publics qui sont des marchands, des universitaires et des juristes viendront alimenter la production de livres. Ces derniers liés à l’essor et à l’agrandissement des villes vont s’intéresser à des nouvelles productions littéraires tels que les romans de chevalerie, le théâtre, la vie des saints et les ouvrages historiques. Ces nouvelles formes littéraires favoriseront à partir du XVe siècle la lecture individuelle et silencieuse.

Les chapitres deux et trois sont consacrés à l’invention et au triomphe de l’imprimerie. En une vingtaine d’année seulement, l’Europe va connaître une technique révolutionnaire de fabrication du livre, l’imprimerie. Cette technique marquera profondément l’histoire de la pensée et sa diffusion. Révélant ses limites, la copie manuscrite ne pourra suffire à la demande de plus en plus croissante de textes. Très tôt , on procédera à des recherches permettant de découvrir un procédé pouvant multiplier rapidement les textes. C’est ainsi que la découverte de l’imprimerie par Gutenberg au XVe siècle va permettre pour la première fois de l’histoire la reproduction identique en autant d’exemplaires que l’on désire d’un même livre. La découverte de Gutenberg favorisera ainsi l’apparition de nouvelles vocations: imprimeurs et libraires. Ces nouvelles vocations auront comme conséquences d’entraîner une diffusion rapide de l’imprimerie à travers toute l’Europe puisqu’en 1446 on retrouve pour la première fois des livres en vente à Paris. Au XVIe siècle, l’imprimerie triomphe et le livre est au cœur de la vie religieuse et culturelle. Objet culturel, le livre devient aussi un outil de combat au service des nouvelles idées qui suscitent de la méfiance de la part du clergé et des autorités en place. En d’autres mots, le livre fascine mais il inquiète, suscite de la méfiance et de l’hostilité par sa capacité de diffuser rapidement et largement des idées nouvelles comme celles véhiculées par Luther et les Réformateurs. Dans un climat d’intolérance religieuse le livre et l’ensemble des professions deviennent des objets de surveillance et de répression. Une des réponses de l’Église aux progrès de la Réforme sera la mise à l’Index qui, par une série d’interdictions, marqueront profondément et durablement la chrétienté. Cet Index sera régulièrement mis à jour et ne sera supprimé qu’en 1966 par le Concile de Vatican II.

Au chapitre quatre, l’auteur Bruno Blasselle aborde le sujet de l’édition qui connaîtra une crise après la Réforme et la Contre-Réforme. Cependant le XVIIe siècle constitue une période charnière dans l’histoire du livre, du moins dans son aspect formel. Le livre acquiert sa présentation moderne et il devient un objet usuel. Cette évolution ne se fait pas sans heurts puisqu’à cette époque l’édition sera contrôlée et connaîtra une crise de saturation de livres religieux et d’innovation. L’édition contrôlée sera une des conséquences de l’absolutisme politique qui triomphe en France à cette époque avec l’ascension au trône de Louis XIV. On verra alors se mettre en place une panoplie de mesures qui seront destinées à lutter contre les « mauvais livres », c’est-à-dire ceux qui mettent en cause la morale, l’autorité et la religion. Le XVIIe siècle voit aussi la naissance de la presse mais ce n’est qu’au XVIIIe siècle que la presse jouera un rôle dans le débat politique et intellectuel. Des nouveaux genres littéraires prennent aussi leur essor comme par exemple, le roman, le théâtre et la littérature destinée aux enfants. Enfin, le cinquième chapitre se consacre au triomphe du livre. Au XVIIIe siècle, à l’aube de la Révolution française le livre imprimé constitue le principal véhicule de la philosophie des Lumières qui est au centre de toute la vie scientifique et culturelle européenne. Ce siècle sera aussi celui des dictionnaires et des encyclopédies. Le grand ouvrage de cette époque sera sans contredit l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. La lecture deviendra la frénésie de ce siècle et favorisera dans un même temps le développement des bibliothèques. On compte à travers l’Europe une centaine de bibliothèques de prêt donnant ainsi accès à des lectures variées. En d’autres mots, le XVIIIe siècle est marqué par le développement de la bibliophilie et le goût des grandes collections puisque le livre fera usage de la couleur tout en rénovant la typographie et en s’exprimant dans la langue vernaculaire. De plus, l’arrivée de la Révolution française donnera au livre une liberté encore jamais vue. Soutenus par des progrès technologiques qui se multiplient, les livres deviendront un incontournable moyen de communication de masse. Désormais, le livre ne fait plus que comprendre le monde mais il se propose de le transformer.

Pour tous ceux et celles qui veulent en savoir un peu plus sur l’histoire du livre, Bruno Blasselle vous offre l’occasion de vous familiariser et de découvrir cette fabuleuse histoire et ce, malgré les nouvelles technologies de l’information et ses détracteurs qui prédisent la disparition de ce merveilleux outil de communication.

Annick Robert

 

A propos charro1010

Bibliothécaire des Appalaches
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s