De l’idéalisme, certes, mais avec des idées et pas du vent : PRésentation du numéro 3 de Hermès : revue critique

De l’idéalisme, certes, mais avec des idées et pas du vent

Présentation

Après plus de huit mois de parution, nous voici donc arrivés à un troisième numéro de Hermès. De nombreuses réactions nous parviennent, de France presque uniquement, donc de nombreux lecteurs nous suivent (notre compteur en fait preuve). Nous répondrions donc «à un besoin» s’il en est. Mais nous croyons que la réflexion théorique est une nécessité bien plus qu’un simple besoin parmi d’autres, surtout en cette période où les approches de la bibliothéconomie et de la technologie sont assez molles et complaisantes. C’est en effet toujours le «hype» qui domine, qu’on le veuille ou non. Ce «hype» a envahi le discours théorique lui-même, en construisant ses propres approches critiques. Il faut donc redoubler de vigilance, plus que jamais. Nous entrons dans une ère de grande confrontation d’idées qui accompagne le changement technologique. Visiblement, la première nous captive plus que la deuxième…

C’est ainsi que vous trouverez dans ce numéro trois une analyse de l’information en tant que concept, de même que des compte rendus d’ouvrages traitant des interactions entre cybernétique et société (Edwards, Virilio, Sfez), ou scrutant la science de l’information avec l’œil du philosophe (Blanquet). Nous publions également la seconde partie du rapport de Marie-Hélène Dougnac sur la formation des usagers en bibliothèque à l’UQAM. Vous y trouverez aussi un texte d’Elvio Buono portant sur la liberté d’expression dans les universités et de son rapport au droit constitutionnel.

Nous avons traduit un texte de Stephen L. Talbott portant sur la technologie. Les mouvements conservateurs et les libertariens font l’objet d’une lecture critique. Nous avons cru bon de compléter ce texte par une enquête sur les groupes de droite dans le monde et par la publication de bibliographies sur ce sujet crucial. On comprendra, nous l’espérons, un peu mieux d’où origine le discours unique.

Enfin, une fiction illustre les thèmes de la technologie  sur le mode littéraire. Il s’agit là d’une première fiction, mais pas de la dernière.

Nous croyons que nos articles ne s’adressent pas d’abord à un lecteur spécialisé, mais à tout esprit curieux et ouvert. Nous essayons de procéder avec beaucoup de rigueur, en mettant la barre assez haute à cet égard. Pour nous, un compte rendu ne saurait être un résumé ou indicatif, ou fait sur le mode de la péroraison autour de quelques idées ou sur le ton – comme cette trouvaille de Louis-Bernard Robitaille sur Bourdieu dans L’Actualité de Novembre 1998.

Pour nous, la philosophie de la connaissance (que nous opposons à l’acceptation de philosophie de l’information) que nous adoptons ici, dépasse le monde clos de la spécialité ou de la problématique d’un seul domaine. Ce n’est pas parce que nous sommes professionnels ou spécialistes de la bibliothéconomie que nous avons perdu ce goût de la curiosité large que nous avions bien avant d’entreprendre ces études. Ce n’est pas parce que l’aspect pratique et pragmatique se présente toujours d’abord à nous en tant que praticiens (ou qu’utilisateurs) que nous nous serions délestés d’une ouverture sur le monde qui soit davantage que celle – rhétorique – qui est promue avec l’avènement de la connaissance en réseau qui ne vise en fin de compte qu’un management du savoir à des fins pratiques.

Comme le disait le dramaturge québécois Wajdi Mouawad, « c’est important et essentiel de se positionner (…) de prendre position radicalement. On commet des erreurs nécessairement en le faisant, mais c’est archi-important. C’est très difficile de le faire Québec : soit on sombre dans le cynisme, dans l’ironie ou bien dans le laisser-aller complet… Il faut être tranchant, avoir une pensée coupante, nette, forte, qui fait une démarcation… On ne nous a pas appris à penser, à articuler des idées, à aller au fond d’une idée, à l’explorer à fond » (Radio-Canada, De bouche à oreille, 27 décembre 1998).

Hermès poursuit donc l’expérience d’un espoir de folle connaissance, libre et active,  qui animait les fondateurs d’Internet à ses débuts. Sauf que nous, contrairement à ces techniciens (qui s’appelaient les sorciers, les « wizards ») plus en proie à leurs fantasmes qu’à leur conception responsable de l’avenir, nous y mettons du contenu. Alternatif, il va sans dire, et c’est pourquoi nous faisons notre part dans la preuve qu’Internet est véritablement anarchique et qu’il brise les institutions…

Bonne lecture, à la bonne vôtre, et faites-nous part de vos commentaires !

Pierre Blouin et Roger Charland

A propos charro1010

Bibliothécaire des Appalaches
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