Le bibliothécaire, l’arbre de connaissance et la médiathèque virtuelle (d’après un film de Éric Rohmer) Pierre Blouin

Le bibliothécaire, l’arbre de connaissance et la
médiathèque virtuelle (d’après un film de Éric Rohmer)

Pierre Blouin

 

« Sans l’ironie, le monde serait comme une forêt sans arbres ».
Anatole France, La vie littéraire, 1888

Depuis l’apparition de la science de l’information durant les années 60, le bibliothécaire est sans cesse préoccupé par son image publique et professionnelle. Beaucoup plus que le statut ou la compétence réelle, la question de l’image serait le talon d’Achille de cette profession. Du moins, c’est ce que nous laissent croire les discours qu’on lit dans le milieu. Quand une responsable de la technologie dans une bibliothèque publique écrit que la Charte résumée (Core Values Statement) de l’American Library Association représente un effort « to recast who we are in terms that are meaningful for our era », elle évoque deux notions centrales, en bibliothéconomie comme ailleurs : le sens et l’Histoire. (Karen G. Schneider, « Response to LJ John Berry’s Editorial », Liste PLGNet, avril 2000). Redéfinir « ce que nous sommes » uniquement parce que les termes n’auraient plus de sens ou parce que les temps ont changé, ou parce que la mission de base de la bibliothéconomie aurait changé ?

La liberté intellectuelle (qu’on refuse d’inclure dans la Charte résumée) et le droit de connaître pour tous définis par Dewey seraient-ils périmés ? Quels termes exactement ont perdu toute signification « pour notre ère » ? Quels sont ceux qui en ont ? Fouillez un peu, et vous en trouverez bien qui sont tout prêts à servir. De nouveaux mots peuvent toujours servir à réduire la portée des anciens, comme c’est le cas avec cette déclaration qui vise à restreindre la portée de droits formulés à l’ALA depuis des décennies.

Cependant, on ne joue pas impunément avec les mots comme avec des décorations. Le mot construit notre pensée, il matérialise une attitude, une philosophie. Or, pourquoi tant d’attention est-elle accordée au « phrasing », aux vocables, aux modes, et non aux valeurs, au questionnement et au débat sincères ? Pourquoi refuser d’interroger et de revisiter les éléments de base de la profession, qui ne sont pas techniques ? Pourquoi continuer dans l’unique veine de la recherche opérationnelle et de ses définitions, alors qu’une vision d’ensemble et une synthèse manquent si cruellement ? Pourquoi reproduire de savantes et compliquées dissertations analytiques, alors qu’on a tant besoin de vision d’ensemble et de ponts avec les autres disciplines ?

Le texte de William Birdsall dans ce numéro d’Hermès, intitulé « For a Political Economy of Librarianship », constitue un exemple parfait, lumineux devrait-on dire dans le contexte actuel, de cette vision de pensée qui manque à la bibliothéconomie actuelle. Une pensée critique, comme on se plaît à le répéter dans les revues professionnelles ou les plans de cours, n’est pas qu’une critique entre nous, de l’intérieur, en circuit fermé, dans notre bulle : c’est une critique hors de la bulle, vers la bulle justement, une critique qui ne porte pas que sur les éléments techniques, convenus, empiriques mais qui s’adresse à la pensée de la bulle, à son idéologie.

Au fond, et cela dit sans malice, le discours actuel de la profession, très managérial (au point que l’on est fier d’être Knowledge Manager dans une entreprise de Start Up Accelerator, lu sur Biblio-Fr), le discours actuel fait penser à celui de Charles Sirois, ce Bill Gates québécois, ex-PDG de Téléglobe Canada et maintenant PDG de sa filiale Télésystèmes. Sirois commente le jeu dangereux du marché et remarque que « c’est cela, le marché. Que peut-on y faire ? C’est comme la mondialisation, elle est là. Je me dis qu’il vaut mieux en bénéficier plutôt que de la subir » (« Charles Sirois est heureux de la tournure des événements », Le Devoir, 26 février 2000).

Il y en a, en effet, qui subissent la mondialisation plutôt que d’en bénéficier. Les bibliothécaires, eux, comme beaucoup d’autres, ont décidé  qu’ils allaient en bénéficier, quitte à y perdre leur chemise. Pourquoi pas, après tout ? Après une histoire tellement misérable, faite de main-d’œuvre féminine sous-payée et déconsidérée, le temps de la revanche semble arrivé une fois pour toutes. Et hop !dans les ligues majeures comme on dit au Québec. Enfin, de la reconnaissance, et pas n’importe laquelle : celle de la nouvelle économie. Il était temps.

Surtout, cependant, pas d’alarmisme ! Ce mot, qui fait tinter dans votre petite tête une sonnerie ou une sirène… d’alarme, désigne ce qui est vraiment inapproprié dans un univers où tout roule doucement, sans heurts, où tout ronronne si bien. Pas de débats de fond, pas de confrontations d’idées (sinon sur un mode feutré), pas de points de vue, pas de critique véritable (contrairement aux États-Unis, ou en France). Pourquoi diantre se faire « alarmiste » dans ce bucolique pâturage ?

La seule possibilité d’une critique véritable, qui nomme les choses par leur nom, est en soi une manifestation d’alarmisme. Retournons donc à nos moutons, pour les compter peut-être, avec le logiciel SATO d’analyse des occurrences dans un texte littéraire. Pas besoin de philosophie avec les moutons, direz-vous ? Eh bien justement non : les moutons ont leur philosophie bien à eux. Ils broutent, spéculent et sautent par-dessus les clôtures pour endormir les enfants (qui, eux, en profitent pour apprendre les rudiments de la pensée quantitative et sa recherche). Ne nous méprenons surtout pas ici : les moutons ne sont pas des idiots, ils sont même fort intelligents. Ils ne s’aperçoivent pas qu’en sautant ainsi, ils initient les étudiants, actuels ou futurs peu importe, à compter et à penser 1+1=2). Les moutons, comme leurs bergers, ont besoin de fondements philosophiques pour argumenter.

Loin de moi, bien sûr, l’idée d’assimiler bibliothécaires et moutons. Disons seulement que dans certains aspects de la vie intellectuelle, le bibliothécaire a un comportement moutonnier. Le mouton a ses codes, ses habitudes, et trop souvent (la plupart du temps, devrait-on dire) le bibliothécaire se refuse à considérer une autre façon de penser sa profession. Nous à Hermès, qui parlons littéralement chinois, sommes sur une autre planète, où l’alarmisme a atteint à coup sûr les proportions d’un vilain cauchemar…

Dans une réponse à Jim Zwaldo (« We don’t need a philosophy of librarianship and information science – We’re confused enough already », Library Quarterly, Vol. 67, no 2, 1997), Gary Radford et John Budd (« We do need a philosophy of LIS – We’re not confused enough : a response to Zwaldo », idem) écrivent, en parlant de la méthode empirique comme unique moyen de recherche (positiviste) en bibliothéconomie :

The key to study, research, discourse, is a more fundamental understanding. This is achieved by delving into the nature of knowledge and knowing into the field (…) Thus the critique of positivism is necessary first in order to raise awareness that alternatives exist and, more important, that the idea of an alternative world view makes sense. If the tenets of positivism remain implicit and taken for granted, then discussion ceases. (p. 317).

Qu’est-ce qu’une approche positiviste ? C’est une approche qui prend la méthodologie scientifique pour seule valable, qui se cantonne dans l’analyse, la description, l’objectif. Tout commentaire et toute analyse autre relèvent de l’éditorial ou de l’opinion, donc sont secondaires. Ce qui donne une somptueuse suite de tableaux détaillés et de textes secs (intellectuellement parlant) comme un sol de conifères par une chaude journée d’été. Très joli, peut-être, édifiant pour leurs auteurs, mais artéfacts de la pensée, « infertilisables »…

Radford et Budd constatent que la philosophie ne manque pas à la bibliothéconomie, mais que sa pratique et sa perspective deviennent, dans les termes de Thomas Khun, « invisibles » (p. 316). Invisibles, c’est-à-dire non dites, non formulées, toujours implicites et naturalisées, et cela, pour tous les sujets abordés. Il y a, par exemple, des discours différents de celui de l’impératif technologique. On peut se faire l’avocat inconditionnel de l’informatisation et des réseaux comme on peut aussi choisir de défendre des valeurs politiques et sociales de service, d’emploi, d’accès universel à toutes les sources, et ce, tant au niveau du gestionnaire que du théoricien (surtout à ce dernier niveau à vrai dire, qui touche le discours des formations). Qui a fait la promotion d’Internet comme instrument rédempteur, qui a confondu Internet avec une bibliothèque (une simple analyse formelle suffit à invalider un tel rapprochement), sinon le bibliothécaire lui-même ? Il l’a fait durant la période d’expansion de cette technologie,  pensant se positionner avantageusement et espérant y gagner au change, face aux instances de décision économiques. On sait désormais qu’il a eu tort, et qu’il a même plutôt nui à sa cause. Mettant tous ses œufs dans le même panier, le bibliothécaire doit aujourd’hui confronter son public et réaffirmer sa mission (voir notre texte sur le rapport Benton dans le précédent numéro). Les principes véritables de la profession de bibliothécaire incluent certes la dimension technologique (ils l’ont toujours fait), mais sont ailleurs que dans la Technologie comme discours.

Ce qui se passe à l’heure actuelle en bibliothéconomie comme partout ailleurs ressemble au modèle de pensée économiste dans lequel on veut enfermer la société vivante. La réduction aux concepts et aux formulations quantifiables est séduisante, elle simplifie et permet une manipulation théorique des paramètres sociaux (comme le PNB, le standard de vie, le taux de chômage ou de croissance). Ces paramètres en viennent à être plus importants que la réalité elle-même, plus importantes que le contexte. C’est ce qu’on appelle la pensée technologique, la réduction des choses à l’unidimensionnel de la machine. C’est pourquoi d’ailleurs l’approche franchement managériale et corporative fascine les sciences de l’information.

Pourquoi diable serait-on obligé de s’infliger la lecture laborieuse et le plus souvent inutile, non pertinente, des revues professionnelles de bibliothéconomie (surtout québécoises) pour faire de la bibliothéconomie (pour aimer en faire) ? N’y aurait-il pas autre chose à dire ?

Même les thématiques professionnelles reflètent cette reddition face à une pensée consistante. Prenons, entre de multiples exemples, celui de la défense de l’alphabétisation. « Alors que dans certains milieux [qui ne sont assurément pas de bons milieux ], plusieurs tentent de définir la valeur de l’information, on a tendance à assumer que la valeur des mots ou que l’alphabétisation ne sont plus à démontrer. », écrit France Bouthillier dans Documentation et bibliothèques (« La valeur des mots ou l’alphabétisation des adultes », janvier-mars 1999, Vol. 45, no 1, p, 3). Alors que des intellectuels (autres que ceux de l’académie ou de la profession) tentent de définir la base d’un mot qui est central à une pratique qui se veut scientifique, le bon peuple, lui, manque de mots, puisqu’il y a relation directe entre analphabétisme et pauvreté. Conclusion : délaissons donc la vaine spéculation et engageons-nous à alphabétiser par la science de la bibliothéconomie. L’économie du savoir est constamment invoquée dans ce cas  pour appeler le bibliothécaire à ses préoccupations morales et “ sociales ” en ce domaine.

On oublie toutefois deux ou trois choses :

    L’alphabétisation n’est pas la tâche du bibliothécaire, mais bien de l’éducateur disposant de toutes les ressources qu’un système d’enseignement non basé sur la compétitivité lui donnerait.

    Le bibliothécaire a pour objectif de développer des habitudes de lecture en mettant à la disposition du public un contenu universel, non censuré, accessible (d’où l’importance, entre autres, de l’outil technologique). Il peut agir en conjonction avec l’éducateur, mais pas comme son substitut.

    Il y a plusieurs niveaux de lecture et de lecteurs. La première étape est la reconnaissance des mots, puis la seconde est la compréhension des mots. La troisième est la relation entre les phrases et les idées que le lecteur établit. Donc, la lecture est aussi un processus mental conditionné par l’environnement, c’est une forme de prise de contact avec le monde. Le CD-ROM apprend une forme de lecture, le Net également, le jeu virtuel aussi, et toutes sont différentes de celle du livre. La lecture adulte vient avec la conscience de l’adulte, c’est-à-dire avec la conscience critique. Nous bouclons alors la boucle : pas de lecture sans réforme d’ensemble de l’institution scolaire et des formes d’accès à la connaissance. C’est à ces dernières que doit s’attaquer le bibliothécaire, et non pas à la tâche de l’alphabétisation fonctionnelle. Cette dernière est une affaire d’apprentissage et d’éducation qui a la bibliothèque pour lieu capital, bien sûr, mais qui appartient d’abord à l’éducateur.

    Dernière chose, et non la moindre : il existe un discours sur l’alphabétisation qui relaie celui sur la Technologie. Quand on refuse de voir les problèmes, on clame, comme George W. Bush, « Reading is the New Civil Right ». Ce slogan s’adressait à l’audience noire américaine, et fut abandonné en automne 1999 en faveur d’un « Hate Crimes Bill » plus à la mode, lui aussi abandonné en cours de campagne électorale. À noter que Bush avait appelé les Grecs « Graecians », sans doute inspiré par une célèbre formule…

Ce n’est certes pas en voulant rafraîchir un terme que l’on va parvenir à le redéfinir clairement. Au contraire, il faudrait le creuser, aller à ses racines. Le terme de bibliothèque vient de « biblios », qui veut dire livre en tant que répertoire de connaissances, de lieu d’idées, et de « thèquè », armoire, salle, réceptacle, qui réfère à la conservation, à la mémoire, au soin qui entoure la connaissance, au service, à la dimension humaine et collective. La précision et la rigueur de la définition nous donnent  la substance.

Sur ce plan des définitions, on serait surpris de la provenance des termes actuels, qu’on pense créés par l’air du temps ou par la technologie. Qu’on pense à « informatique », qui nous vient de l’ex-URSS, « science de l’information » des scientifiques informaticiens américains des années 60. Alvin Schrader suggérait, entre autres appellations, « informatologue » ou « documentologue », ou encore « informatiste » comme au Maroc, lequel semble d’ailleurs revenir en surface en France. Demandons-nous pourquoi ces termes, plutôt que les nôtres, nous semblent un peu ridicules…

Bref, qu’est-ce peut bien vouloir dire une appellation « meaningful for our era » ? Celle d’un professionnel de l’information en réseau ou  celle d’un professionnel du système d’information (ce qui sont quand même deux choses différentes) ? Ce dernier type de professionnel ne se retrouve-t-il pas partout ? C’est l’analyste financier, c’est un agent de voyage, c’est un grossiste, un courtier en valeurs (on parlait d’ « information broker » dans les années 80, avant de parler de travailleur autonome). Dans un système qui vise essentiellement à éliminer l’intermédiaire (vendeur, épicier, transporteur, banquier, enseignant, éditeur, détaillant), dans une économie qui se veut de service, que vient y faire le bibliothécaire avec ses prétentions d’intermédiaire nécessaire ?

Au fond, on peut dire que si le spécialiste de l’information est celui de la rationalisation de l’information, le bibliothécaire est le véritable intermédiaire de la connaissance, puisqu’il connaît sa spécificité, ses valeurs et donc sa place indispensable dans la société civile. Le bibliothécaire est là pour rappeler qu’il est vain de sortir des frictions de l’espace social pour s’enfermer dans des sphères privées de la connaissance. Alors que la culture est l’ouverture sur le public et sur le monde, la logique du privé et du virtuel vise à abolir cette notion trop « encombrante » de la culture, pas assez profitable.

On pourrait donc lier la mission culturelle du bibliothécaire à l’expression de la démocratie. Cette mission est tout à l’opposé de la « bibliothèque World Wide Web ». Le Web, c’est d’abord une solution technique à un problème global de production et de circulation de l’information et des connaissances, et en ce sens, il n’apporte pas de réponse. Il est un facilitateur, un accélérateur. Il s’inscrit dans la définition de l’information-commodité, qui est une des nombreuses facettes de la connaissance, et dont on commence à en payer le prix réel.

Il est certain que la dimension de l’accès est aujourd’hui fondamentale, mais rester rivé à cette seule mesure de l’information et de son utilisation a en quelque sorte conduit à penser l’universalité de la bibliothèque comme étant nécessaire en soi, alors que ce qui est nécessaire, c’est l’organisation de l’accès. Propager le message que la bibliothèque doit devenir universelle et numérique, que c’est là son destin, constitue sans aucun doute une erreur de réflexion théorique, et aussi une orientation claire vers une conception plus managériale de la bibliothèque, vers un centre de services commerciaux ou mercantiles.

Le récent débat sur la pertinence de l’appellation « bibliothécaire » à la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec a démontré, pour sa part, que la crise d’identité de professionnels peut tenir à bien peu de choses : l’usage des technologies ou non, l’usage du terme « information » ou non. C’est comme demander à un notaire s’il préfère troquer son nom pour celui de médiateur familial, parce qu’il se spécialise dans cette activité. Les deux termes peuvent bien figurer ensemble sur une plaque ou une carte d’affaires, le second étant entendu comme spécialité du premier et non comme un de ses nombreux équivalents.

Doit-on penser comme Calvin Mooers, un des pères de la science de l’information malgré lui, et qui avait inventé la notion d’ « information retrieval » dans les années 50 ? Mooers a inventé le Zatocoding, première forme mécanique de système de recherche documentaire. Il écrivait en 1963 : « Information Science is more an expression of hope or a slogan to rally around than it is the name of a profession » (« The Educational Challenge of Information Science », in Automated and Scientific Communication, 26th Annual Meeting of the American Documentation Institute, p. 127).

Slogan ou réalité définissable que cette appellation donc ? Les choses ont-elles tellement changé depuis l’époque de Mooers que l’on doive mettre sur le compte de la technologie primitive cette échappée ? Cet aveu ?

(Vu sur La Toile du Québec, cette bibliothèque, selon son fondateur Yves Williams, à la rubrique Travailleurs autonomes en gestion de l’information, les offres suivantes : Unité mobile qui va sur place pour déchiqueter vos documents confidentiels ; Analyse fonctionnelle, développement et programmation de processus d’affaires en vue de l’informatisation).

Pierre Blouin

© HERMÈS : revue critique et Pierre Blouin

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Bibliothécaire des Appalaches
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