Panorama de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques en Sciences Humaines et Sociales disponibles via Internet Aurélie Wellenstein

Panorama de l’offre éditoriale en matière

de revues électroniques en Sciences Humaines et Sociales

disponibles via Internet

Par Aurélie Wellenstein

CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS

INSTITUT NATIONAL DES TECHNIQUES DE LA DOCUMENTATION

MÉMOIRE PRÉSENTE EN VUE D’OBTENIR

LE DIPLÔME SUPÉRIEUR EN SCIENCES DE L’INFORMATION

ET DE LA DOCUMENTATION SPECIALISÉES

Mémoire soutenu devant un jury, composé de

Adriana Lopez

Joachim Schöpfel

Octobre 2003

CYCLE SUPÉRIEUR PROMOTION XXXIII

Paru dans HERMES : REVUE CRITIQUE, no. 10


Remerciements

Je tiens à exprimer mes plus vifs remerciements à Joachim Schöpfel, pour son accueil, son attention et ses conseils ; à toute l’équipe du DRD et en particulier à tous les membres du service Monographies et Littérature Grise pour leur soutien et leur amitié ; ainsi qu’aux membres du département SHS et tout ceux qui m’ont épaulé lors du développement de mon projet de base de données : Laurence Rageot, Etienne Fleuret, Jean-François Nomine et Dolorès ; à tout ceux de l’INIST que j’ai pu rencontré et qui ont contribué à faire de mon stage une expérience enrichissante et gaie.

Mes remerciements également à Adriana Lopez pour ses conseils pour la structuration du présent mémoire.


SOMMAIRE

INTRODUCTION  LE PRINTEMPS DES REVUES ELECTRONIQUES

CHAPITRE 1 : LES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES A L’ERE DE L’ELECTRONIQUE

1.1. Les Sciences Humaines et Sociales : tentative de définition

1. 2. La revue électronique en ligne via Internet : définition

1.3. La recherche en SHS et en STM : un Janus

1.4. La crise de l’édition en SHS

1.5. Le support électronique comme solution à la crise ?

CHAPITRE 2 : LA REVUE ELECTRONIQUE EN SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES ET SES ACTEURS

2.1. Le journal électronique en SHS et les chercheurs : enquête

2.1.1 – Retours et silences

2.1.2 – Les chercheurs et Internet

2.1.3 – Le contenu des revues électroniques

2.1.4 – Publier dans une revue électronique

2.1.5 – L’avenir des revues électroniques en sciences humaines et sociales

2.2. L’édition traditionnelle

2.3. Les réponses non commerciales : l’open access

CHAPITRE 3 : L’OFFRE EDITORIALE EN MATIERE DE REVUES ELECTRONIQUES EN SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES DISPONIBLES VIA INTERNET : ETAT DES LIEUX

3.1. Quelles sont aujourd’hui les revues électroniques publiées en SHS ?

3.2. Un article dans un océan d’informations

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES


INTRODUCTION

Le printemps des revues électroniques

Pour communiquer les résultats de leurs recherches, plusieurs possibilités s’offrent aux chercheurs ; parmi elles, la revue savante. Elle représente un maillon important du système de communication scientifique. Ayant connu au fil des années un essor toujours plus important, elle est aujourd’hui un moyen d’expression et de diffusion des connaissances indispensable.

Cependant, avec l’explosion d’Internet, les modes de production, d’organisation et de diffusion de l’information scientifique ont évolué vers de nouvelles formes. Peu à peu, on a vu certaines revues traditionnelles imprimées se dématérialiser. Est alors apparu un nouveau type de support et de diffusion de l’information scientifique : la revue électronique.

Internet constitue un vecteur d’expression facile, moins contraignant que le support papier. Et la publication numérique permet d’introduire des innovations. Se dessine alors un rêve : on imagine que grâce à la diffusion en ligne sur Internet des articles scientifiques, les idées des chercheurs vont pouvoir être diffusées plus largement et de façon plus immédiate. Répondant à un soucis de partage et de communication, et épousant l’esprit d’Internet, la revue électronique en ligne donnerait enfin corps au rêve humaniste de l’accès libre et gratuit à une culture de haut niveau.

Ce rêve : une belle utopie ? Dans la réalité, les choses ne se passent pas de façon aussi idéale.

Certes dans le domaine des Sciences Techniques et Médicales (STM), les sciences « dures » pourrait-on dire, la revue électronique a belle et bien connu un essor formidable, mais cela ne doit pas masquer les réticences profondes que ce nouveau support de diffusion provoque. Des réticences qui ne sont pas prioritairement d’ordre technique ou économique, mais plutôt psychologique. La culture des chercheurs – les principaux auteurs et lecteurs de ces articles – s’enracine dans l’histoire du livre. Et celle-ci a ses propres références épistémologiques.

Or on doit garder à l’esprit que les revues électroniques sont encore jeunes. C’est un concept qui n’est pas encore bien défini. Sur Internet tout est possible. Toutes les formes peuvent se côtoyer et chaque jour, se métamorphoser. La technologie est si mouvante, qu’en terme de typologie, il est bien difficile de cerner les revues électroniques.

Produits d’information non homogène, elles peuvent être la numérisation fidèle de la revue papier, ou une version améliorée, enrichie par les liens hypertextes par exemple, et exploitant les possibilités offertes par le HTML. Certaines ont des comités de lecture, d’autres non. Certaines se réduisent à leur plus simple expression : une table des matière ou des résumés des articles. Il s’agit alors d’une simple vitrine de la revue papier. Mais surtout : certaines sont gratuites, d’autres pas.

Néanmoins ce caractère mouvant dont la plastique échappe aux tentatives de classification n’a pas empêché la revue électronique d’être adoptée par les chercheurs des disciplines STM. Ceux-ci ont rapidement saisi les nombreux avantages que le support électronique offrait en comparaison de son grand frère, le support imprimé traditionnel. La réduction des délais et la diffusion immédiate n’est qu’une des nombreuses explications de son succès.

Or, après cet essor fulgurant dans le domaine des sciences exactes, la diffusion des périodiques sous forme électronique concerne de plus en plus les disciplines des Sciences Humaines et Sociales (SHS.) Le nombre de titres ne cesse de croître. D’après l’étude sur les Revues numériques francophones en SHS réalisée par Claire Lepeutrec pour l’URFIST-Paris au printemps 2000 [44]1 le nombre de revues numériques déposées au titre du dépôt légal en France a doublé entre 1998 et 1999, passant de 100 à 200.

Pourtant la situation en Sciences Humaines et Sociales est bien différente de celle qu’on évoquait ci-dessus en STM. En SHS, le développement des revues électroniques se heurte à des réticences plus nombreuses et plus profondes. Leur accroissement sera sans doute plus lent. C’est un parcours semé d’embûche.

Considérant cette situation, nous avons voulu nous interroger sur l’état actuel du marché des revues électroniques en ligne sur Internet, dans les domaines des SHS.

  • Qu’est-ce précisément qu’une revue électronique issue des disciplines SHS ?
  • L’offre des revues numériques en SHS se développe-t-elle ?
  • Quelle est la situation de la France au niveau du marché international ?
  • Qui sont les acteurs de la révolution numérique en SHS ?

A travers les réponses que nous tenterons de donner à ces questions, nous espérons dessiner peu à peu un panorama précis de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques SHS disponibles via Internet.

Au cours de notre réflexion nous considérerons l’entrée des Sciences Humaines et Sociales dans l’ère du numérique ; cette partie fera la part belle aux définitions des concepts qui nous intéressent afin de mieux cerner cet univers si particulier et nous nous demanderons si le support numérique est une solution à la crise qui secoue l’édition SHS. Puis nous nous pencherons sur les acteurs marquants du développement de l’édition de revues électroniques en ligne en Sciences Humaines et Sociales : c’est-à-dire les chercheurs, les éditeurs traditionnels et autres, presses universitaires et sociétés savantes, qui proposent parfois – souvent – des solutions non commerciales. Enfin nous ferons le portrait le plus précis possible de la revue électronique en Sciences Humaines et Sociales à travers l’étude statistique du marché et l’étude des portails et bases de données qui tentent d’agréger cette offre bondissante.

Dans cette analyse, nous nous appuierons sur l’observation et l’étude de l’offre et des pratiques dans ce domaine. Ce travail est basé sur l’exploration de sites Internet : les sites des revues mais aussi les portails tels que JSTOR, Muse, Erudit, ScienceDirect d’Elsevier… Nous nous sommes aussi servis des données rassemblées par les bibliothèques virtuelles telles que l’Elektronische Zeitschriftenbibliothek2 et Ulrichsweb3. Enfin notre travail repose grandement sur E-revuesSHS. Il s’agit de la base de données créée pour l’INIST-CNRS dans le cadre de mon stage et destinée à figurer dans le futur portail BiblioSHS. Grâce à elle, nous avons pu dégager les grandes tendances du marché.

Bien sûr il existe une littérature « non électronique » sur le sujet, elle se compose essentiellement d’articles de périodiques spécialisés, les monographies étant rares et presque immédiatement « dépassées », cependant elle ne permet pas de proposer une information aussi « fraîche » que celle rencontrée sur le réseau. C’est là la difficulté d’une problématique en constante évolution. En bibliographie on trouvera les références des documents utilisés pour ce travail.

Pour donner une idée graphique de ces produits éditoriaux, des copies d’écrans de publications, portails ainsi que de notre base de données E-revuesSHS sont proposées en annexes.

CHAPITRE 1. Les Sciences Humaines et Sociales à l’ère de l’électronique

1.1. Les Sciences Humaines et Sociales : tentative de définition

1 1 1 SHS et STM

Il n’est pas aisé de réduire la vaste réalité des sciences humaines et sociales à quelques lignes de définition. Les SHS englobent de nombreuses disciplines. Par opposition à ses sœurs, communément appelées « sciences dures », et qui regroupent la physique, la chimie, la médecine, les sciences de la vie et de la terre, les sciences humaines et sociales ont une teinture plus littéraire.

Pourquoi les sciences humaines et sociales ? Une réponse est esquissée sur le site du département SHS du CNRS :

« Les sciences de l’homme et de la société ont pour finalité d’observer, de décrire, d’interpréter et, le cas échéant, d’expliquer les dispositions et les comportements de l’homme ainsi que les mécanismes de fonctionnement et d’évolution des sociétés humaines » 4

1.1.2 -Opposition et interdisciplinarité

Les sciences humaines et sociales regroupent une vingtaine de disciplines. Toutes sont très différentes. Les démarches de recherche, la structure des concepts et des théories, les modes d’argumentation, leur passé même varient de l’une à l’autre. Et pourtant, il existe de nombreuses zones de contact entres elles, ainsi qu’avec les sciences de la nature et les sciences de l’ingénieur5. Les sciences humaines et sociales, plus que les sciences dures, sont poreuses et l’interdisciplinarité qui les caractérise est une notion fondamentale.

C’est justement cette situation qui rend difficile l’établissement d’une définition univoque. Pour la création des champs de la base E-revuesSHS, nous nous sommes servis des sections établies par le comité national du CNRS. Nous avons retenu les disciplines suivantes :

– anthropologie,

– préhistoire,

– archéologie,

– histoire ancienne,

– histoire médiévale,

– histoire moderne,

– arts,

– linguistique,

– épistémologie,

– littérature,

– philosophie,

– droit,

– sociologie,

– économie,

– gestion,

– sciences des religions,

– ethnologie,

– géographie,

– sciences politiques,

– sciences de l’information,

– sciences de l’éducation,

– psychologie.

Notre étude sera principalement basée sur l’étude de marché de ces disciplines.

1. 2. La revue électronique en ligne via Internet : définition

Pas plus qu’il n’est simple de retenir une seule définition pour les Sciences Humaines et Sociales, nous ne pouvons imposer une seule définition de la revue électronique en ligne via Internet.

1.2.1 Qu’est-ce qu’une revue électronique ?

La question est la réponse pourrait-on dire ! Tout d’abord, nous effectuons une différence entre revue et journal. Le terme « journal » correspond par trop à une périodicité quotidienne, et à un type de publication non scientifique. Voici la définition qu’en donne le Larousse :

« Publication quotidienne donnant des informations ou des opinions sur les nouvelles politiques, économiques, sociales, etc. »

Bien entendu, de nombreux journaux entrent aujourd’hui dans l’ère de l’électronique et propose en ligne les articles en texte intégral de leur production imprimée, cependant, ce n’est pas la question qui nous intéresse ici. Dans cette analyse, on se penche sur la revue scientifique, celles des chercheurs. Au terme « revue », dans le Larousse, on trouve :

« Publication périodique spécialisée dans un domaine scientifique, littéraire, juridique, etc. »

C’est dans ce sens qu’en entendra le terme « revue » tout au long de cette étude.

Or, si on accède à une revue électronique par le biais d’Internet, d’un logiciel ou d’un CD-ROM, cette définition est aussi vraie pour une newsletter, une liste de diffusion, un forum. Et il n’est pas toujours aisé de délimiter des frontières entre ces différents formats. Tous tendent à se fondre les uns dans les autres.

1.2.2 – Typologie de revues

Quinn définit le journal électronique « comme un journal papier, excepté le format. »6; c’est un peu simpliste ! La revue électronique peut revêtir des formes très diverses7 :

  • Certaines sont le portage fidèle d’un journal papier traditionnel sur support électronique.
  • Dans de nombreux cas, la version numérique ne reproduit qu’une petite partie de l’exemplaire papier : la table des matières, des résumés ou des extraits ; il s’agit surtout d’une vitrine commerciale de la version papier.
  • Enfin il existe des revues électroniques qui n’ont pas d’équivalent papier. Dans cette catégorie, on trouvera beaucoup de nouvelles revues créées à l’initiative de chercheurs, de départements et de presses universitaires. Ou certaines, à l’origine des revues papier, qui ont interrompu leur diffusion papier au profit d’une diffusion intégralement numérique.

Sur Internet tout bouge très vite et se modifie sans cesse. L’enrichissement est permanent. Difficile dès lors d’imaginer des produits d’informations normalisés et stables. Chacun exploite à sa façon les possibilités techniques et éditoriales offertes. Les revues électroniques peuvent donc revêtir n’importe quelle forme. Parfois, une revue thématique sera considérée à tort comme une monographie. Dès lors les banques de données recensant les revues électroniques en SHS risquent de ne pas la retenir.

1.3. La recherche en SHS et en STM : un Janus.

Comme on l’a déjà évoqué, en SHS et en STM, les démarches de recherche sont différentes. Et cela se répercute bien entendu sur les revues électroniques. Celles-ci ne répondent pas aux mêmes attentes et sont créées dans un autre esprit.

1.3.1 -La place de la hiérarchie

Première distinction, en STM les réseaux de communication scientifique sont institutionnalisés. De très sérieux comités de décision confèrent aux articles validité, légitimité, rayonnement et impact. En SHS, la hiérarchie est plus poreuse. De nombreuses revues (qu’elles soient imprimées ou électroniques) n’ont pas de comité de sélection. La structuration en réseaux n’est pas homogène.

1.3.2 – La réduction des délais de publication : un moteur pour les revues électroniques en STM

Les SHS se distinguent également des STM par leur méthodologie, leurs interactions sociales, et leurs modes de communication. Dans la publication des articles SHS, la pression du délai avant publication diminue. On comprend que dans le secteur médical par exemple, la transmission d’une nouvelle découverte soit urgente. Si la publication d’un article de revue en SHS prend un an, cela sera un problème moins vital que lorsque les articles de STM sont retardés par le parcours semé d’embûches de la publication. Autrement dit, il y a là un besoin plus pressant en STM qui pousse les chercheurs à utiliser les voies de l’électronique.

1.3.3 – Le rôle des articles moins valorisé en SHS qu’en ST

Dans le monde des SHS, le rôle des articles n’est pas le même qu’en sciences exactes où il est basé sur la découverte et l’innovation et sont des références en la matière. En SHS, la publication d’une monographie est davantage reconnue comme participant à la recherche qu’un simple article dans une revue. Ceci implique que la crédibilité du papier ne sera pas remise en cause avant longtemps et c’est un nouvel obstacle pour les revues électroniques.

1.3.4 – Périodicité: des parutions plus sporadiques en SHS

Les revues électroniques en SHS font preuve de périodicités très inégales. Leur publication peut être mensuelle ou annuelle. La plupart du temps, celles qui ont une périodicité mensuelle sont des revues de type professionnel, publiées par des éditeurs. La majorité des revues publiées par des universités, des sociétés savantes ou des chercheurs isolés ont adopté une périodicité semestrielle. De nombreuses revues ont une périodicité irrégulière. Ceci est du à la variation du flux d’articles.

1.3.5 – Les vertus patrimoniales :un enjeu commun

Cependant, en SHS comme en STM, l’utilisation des revues savantes n’est pas basée sur le court terme. D’où l’importance capitale de l’archivage des numéros ainsi que les démarches de numérisation patrimoniale.

Toutefois, le rôle des archives est plus grand en SHS qu’en STM. En effet, si dans les disciplines scientifiques médicales par exemple, le rôle des archives peut s’avérer capital (les disciplines de la physique et des mathématiques y accordent également la plus grande attention), le besoin d’information, plus qu’en SHS, vise des résultats de recherche très récents. La demande pour l’information actuelle est très forte. En Sciences Humaines et Sociales, c’est plus rarement le cas. Au contraire, une grande valeur est accordée aux textes de recherches du passé. Elles peuvent faire mûrir la réflexion des chercheurs d’aujourd’hui et l’enrichir. En aucun cas une recherche sur un auteur littéraire ne peut devenir totalement obsolète, bien que les méthodes d’investigation évoluent bien entendu et qu’on étudie plus aujourd’hui un texte comme on l’analysait autrefois.

1.3.6 – Parts de marché : un autre visage en SHS

Dans les secteurs scientifiques, les presses universitaires sont pratiquement absentes. C’est loin d’être le cas en SHS où nombre de revues dominantes sont éditées par des universités.

Par ailleurs, les revues publiées par des éditeurs commerciaux, à qualité égale, coûtent plus cher que celles éditées par les sociétés savantes et par les presses universitaires. Les publications des éditeurs commerciaux ne se positionnent pas plus avantageusement que leurs concurrentes sans buts lucratifs. Comme on le verra, il faut accorder une grande importance à ces productions alternatives.

1.3.7 – Un public plus diversifié

Le public qui utilise les travaux des chercheurs en Sciences Humaines et Sociales est plus diversifié que les lecteurs de productions scientifiques en STM. En effet, bien souvent, un article dédié aux STM est extrêmement technique et s’adresse à un public de savants. En SHS, bien entendu on trouve des lecteurs qui sont aussi des savants et des chercheurs, mais on touche aussi des professionnels, comme des juristes ou des économistes qui exercent leurs métiers sans forcément être initiés au monde de la recherche et des laboratoires. Par ailleurs comme on l’a déjà vu, les articles dédiés au Sciences Humaines et Sociales ont tendance à s’ouvrir aux autres disciplines attenantes et à ne pas se limiter à leur spécialité. Autrement dit, ils sont en mesure de toucher un public plus large.

1.3.8 – Lecteurs assidus et lecteurs occasionnels

Enfin, on mettra l’accent sur une caractéristique du lecteur en SHS quelque peu différente de son homologue en STM : les revues en Sciences Humaines et Sociales se consacrent souvent à un thème donné, par numéro. Autrement dit, à la différence du chercheur en STM qui va rester très fidèle à la revue à laquelle il est abonné, le chercheur en SHS aura plus tendance à butiner et à acheter un seul numéro de la revue, celui qui consacre un dossier thématique à son domaine de réflexion.

Les points ici développés sont souvent des obstacles en SHS alors qu’en STM, on y trouve des tremplins. La dématérialisation accélérée sur Internet en STM n’a pas eu son équivalent en SHS. Les pratiques informatives sont moins internationalisées. On trouvera plutôt des écoles de pensées nationales. Plutôt que des périodiques, ce sont des monographies individuelles qui paraissent. Le rôle des revues n’est pas le même qu’en STM où prime une circulation rapide et internationale des résultats de la recherche. Néanmoins il n’est pas improbable qu’elles subissent un effet d’entraînement des STM. Et ces différences nous font aussi comprendre que les revues électroniques en SHS ont leur caractère propre et doivent être développées selon leur propre modèle. Cependant, il est difficile d’ignorer que l’essor plus embryonnaire des revues électroniques en SHS par rapport à leurs sœurs issues des domaines des STM est dû à une crise générale dans les secteurs SHS.

1.4. La crise de l’édition en SHS

Depuis le début des années 1980, le secteur des livres de recherches en SHS est en crise. On peut l’expliquer par la tendance à l’hyperspécialisation des chercheurs, le déclin des pratiques de lecture à l’université ou encore le photocopillage, de plus en plus en vogue.

Dans la monographie de Ghislaine Chartron Les chercheurs et la documentation numérique [48], reprenant les informations données à la conférence de François Gèze, on apprend que le tirage moyen d’un livre SHS était de 2200 exemplaires dans les années 1960-70. Il est passé à 1200 en 1988 et à 700 en 2000 !

Par ailleurs, en ce qui concerne la numérisation des revues SHS en France, les politiques de subvention de l’Etat, au lieu de s’agréger pour plus d’efficacité ont tendance à se disperser. Les Ministères de la Culture, de l’Education Nationale et de la Recherche subventionnant chacun séparément des projets différents, ils se font finalement concurrence et les projets, au lieu de s’enrichir mutuellement, s’affrontent.

1.4.1 Une faible rentabilité des titres

L’éclatement actuel de l’édition en SHS s’explique en partie par le désintérêt des grands éditeurs commerciaux pour ce secteur. En effet, la marchandisation des publications scientifiques n’est pas vraiment développée. De faible périodicité (le plus souvent trimestrielle), et de tarifs bas ou moyennement élevés, elles sont souvent les produits de petits éditeurs avec des investissements limités.

Forcément, des reconfigurations ont vu le jour. Pour des questions de rentabilité, certaines maisons d’édition ont éliminé de leurs catalogues les titres de ces domaines pour ne plus se consacrer qu’aux sciences dures, techniques ou à la médecine, plus lucratives. Si d’autres ont maintenu leur production, c’est uniquement parce qu’elles ont baissé leurs interventions et leurs charges au plus bas.

Parallèlement le prix des abonnements aux revues survivantes est pris dans une spirale inflationniste. Les institutions universitaires et de recherche sont dans une situation intenable. Les ressources stagnent et elles doivent faire face à une croissance vertigineuse des prix, alors que leurs budgets sont en régression. Dans de nombreuses bibliothèques de recherche, on doit se livrer à une sélection de plus en plus draconienne des titres.

1.4.2 – Le caractère éclaté du marché de l’édition : Une myriade de petits éditeurs et une absence de leadership

Les petits éditeurs sont très nombreux dans le domaine des SHS ; et à l’inverse, les éditeurs proposant plus de dix titres se font rares. Les deux plus importants – la documentation française et les Presses Universitaires de France – n’ont pas la capacité financière ni l’ambition de mener une politique de mise en ligne. On déplore l’incapacité d’un acteur (privé ou public) à prendre le leadership pour imposer aux autres un rythme coopératif. En France, les éditeurs cultivent le culte du secret. Il n’existe pas de modèle de réussite qui pourrait faire école. Au niveau de la francophonie, au Québec se développe le projet Erudit sur lequel on reviendra ; mais la Belgique et la Suisse n’ont pas de politiques très offensives dans le domaine des SHS.

1.4.3 – Le flou juridique

A un modèle économique incertain s’ajoute le très gros problème de l’identité juridique. En France, les conditions de diffusion numérique sont plongées dans un flou juridique qui constitue un frein majeur pour les maisons d’éditions. Il n’existe pas de contrat juridique entre l’auteur et la revue pour régler la cession des droits de reproduction et de représentation. Gallica, le projet de numérisation de la Bibliothèque de France qui remporte par ailleurs un succès de grande envergure (près de 300 000 visites par jour) s’est volontairement limitée aux exemplaires relevant du domaine public.

1.4.4 – Essor international…

A l’international, les acteurs européens, notamment britanniques et hollandais, ont pris des positions importantes. Ils proposent des produits en ligne nombreux et aboutis.

Outre la mise en ligne par les grands éditeurs de plusieurs centaines de titres, on assiste à une évolution des bases de données et des services traditionnels, dans une tendance nette à l’agrégation de contenu et de services : bases de références d’articles, plate-forme de revues électroniques, accès au texte intégral sur abonnement, fournitures d’articles…

Ces mêmes éditeurs renforcent leurs positions en nouant des partenariats institutionnels ou commerciaux : normalisation, échanges de données… Les grands éditeurs SHS anglophones (Blackwell Publishers, Taylor et francis, Sage Publications) misent sur la vente couplée de la version papier et numérique pour développer le marché du numérique. Springer et Acamedic Press s’inscrivent dans un mouvement d’intégration dans des collections de revues des sciences de la nature. Mais le marché de l’édition des journaux électroniques en SHS est largement dominé par les Etats-Unis. Les universités américaines représentent 1/3 du marché potentiel.

1.4.5 – …et frilosité nationale

Le monde universitaire français, lui, n’est que faiblement engagé dans la production numérique. L’enseignement à distance est peu développé dans les universités. Les enseignants publient très peu sur le Web. Ils ne s’intéressent pas au débat sur le numérique. L’avance des pays anglo-saxons pour l’instant inspire davantage d’appréhension que de véritable adhésion qui pourrait entraîner une imitation de ces modèles.

1.5. le support électronique comme solution à la crise ?

Dans ce contexte de crise, quelles sont les possibilités offertes à et par l’électronique ? Les revues électroniques sont-elles victimes de la crise ? Ou surmontent-elles la crise ? Même : sont-elles une solution à la crise ? Un moyen de relancer la production littéraire en SHS ?

1.5.1 – Les avantages du support électronique

1.5.1.1 – Un lectorat mondial

L’apparition de la revue électronique en ligne représente un progrès considérable pour le monde de la recherche… qui n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur ! Internet est un gigantesque réservoir d’informations. Les revues mises en ligne se voient soudain dotées d’un potentiel énorme et mondial : elles ont la possibilité de toucher des millions de lecteurs. Via le Web, des chercheurs peuvent relier leurs travaux, alors qu’ils n’auraient pas eu l’occasion de se connaître par un autre moyen. La revue électronique leur a laissé l’opportunité de faire connaître leur travail et de découvrir celui d’autrui dans une optique internationale.

1.5.1.2 – Un gain de temps

Le gain de temps lui aussi est un avantage considérable. On peut accéder à des titres non disponibles en local, ne serait-ce que pour la consultation des tables des matières afin d’identifier les articles pertinents. La consultation est indépendante du lieu et du temps.

1.5.1.3 – La baisse des coûts

Le coût de revient est inférieur à celui de l’édition traditionnelle. Désormais, tout chercheur peut librement faire connaître les fruits de son travail. Il y a quelques années, Internet posait un problème d’accès démocratique. Très peu de laboratoires étaient connectés au réseau. Mais l’explosion du Web au niveau mondial tend à effacer ce souci. Désormais, Internet est un outil qui se banalise, facile d’exploitation et peu onéreux.

1.5.1.4 – Une chaîne éditoriale plus rapide

La rapidité de diffusion tranche avec la lenteur de la diffusion des articles imprimés. Observons la chaîne de publication traditionnelle :

  • L’auteur envoie son article en plusieurs exemplaires à l’éditeur de la revue.
  • Celui-ci transmet ces exemplaires aux membres du comité de sélection qui vont l’étudier avant de prononcer un avis favorable ou défavorable.
  • Si le document est accepté, il est envoyé à l’imprimeur qui le met en forme.
  • Le texte doit encore subir la relecture et les corrections éventuelles des services d’édition ou de l’auteur.
  • La version finale est retournée à l’imprimerie qui en fait la publication définitive.

Avec le support électronique, la chaîne éditoriale peut être contractée à sa plus simple expression : l’auteur met en forme son texte et le met en ligne ; le lecteur y accède directement.

1.5.1.5 – Des techniques éditoriales avancées.

Bien entendu, le support électronique permet également l’exploitation des possibilités du multimédia. Les revues électroniques mises en ligne exploitent en majorité les possibilités de l’hypertexte. Mais l’utilisation des ressources multimédias (vidéos, son…), ainsi que l’interactivité (formulaire, forum…) et l’intégration de moteur de recherche (basique mais également – et surtout – permettant des recherches par mot clé dans un corpus intégral) sont sous-utilisés. Force est de constater qu’il y a encore des efforts à faire de ce côté.

1.5.1.6 – La lecture à l’écran

La lecture à l’écran fait partie de ces points délicats que l’on peut considérer à la fois comme un avantage et un inconvénient du support électronique.

Dans les disciplines SHS, le plus souvent, la lecture doit être attentive et soutenue. C’est un mode de lecture qu’on ne saurait cantonner à l’absorption d’informations. Par exemple en littérature, les textes ne sont bien sûr pas faits pour être parcourus dans une pratique de lecture extensive, mais au contraire, pour être lus avec attention (et respect.) Ensuite, le lecteur doit digérer l’information. Et quand la lenteur est privilégiée à la rapidité, il est évident que le support imprimé jouit d’une supériorité écrasante par rapport à son homologue électronique.

Par ailleurs, ce type de lecture exhaustive est plus agréable sur une copie papier – que l’on peut facilement annoter par ailleurs – que sur un écran d’ordinateur.

Cependant, ce point est de moins en moins problématique, car peu à peu les chercheurs se servent de l’écran pour balayer un corpus et sélectionner les documents pertinents. La lecture de la table des matières, du résumé et la consultation en « diagonale » de l’article renseignent vite et efficacement le chercheur. Ensuite il pourra effectuer une impression papier si l’article présente un intérêt de lecture plus approfondi.

1.5.2 – Les inconvénients du support électronique

1.5.2.1 – Des réticences psychologiques

Cependant, malgré ces nombreux avantages, la demande du lectorat pour le numérique est relativement faible. Lecteurs et rédacteurs des articles sont souvent des littéraires pour qui le papier est une valeur importante. Ils se sentent moins concernés par les apports des nouvelles technologies que les chercheurs en sciences dures.

1.5.2.2 – Des difficultés d’ordre technique

Selon que le chercheur est un familier de l’informatique ou non, les inconvénients du support électronique se font plus ou moins sévères. Les novices sont très sensibles au problème d’archivage, aux difficultés techniques et redoutent de se faire envahir par la technologie.

Mais au-delà de ces aspects il est légitime de s’interroger sur la stabilité de ces nouveaux supports. Si nous pouvons encore lire des papyrus datant de l’Egypte antique, est-ce que ce sera le cas du cd-rom, de la page web ou du document pdf dans les siècles à venir ? La technologie, toujours en évolution, devient rapidement obsolète. Les disquettes 8 pouces, introduites en 1979, ou même les disquettes 5 pouces en 1980, sont illisibles sur les ordinateurs d’aujourd’hui. Il faut aussi lutter contre l’obsolescence des logiciels qui nous permettent de lire les divers formats. De multiples versions d’un même logiciel paraissent à intervalle régulier. Certains anciens pdf ne sont désormais plus lisibles avec Acrobat 5.

1.5.2.3 – La question de l’archivage

Ces problèmes d’obsolescence technique nous amènent à réfléchir à la question de l’archivage. En effet, si les méthodes de conservation des documents papiers sont connues et respectées afin de préserver les documents pour les siècles à venir, il n’en va pas de même pour les documents électroniques. Les procédures sont en train de se définir. Et cette réflexion porte autant sur les supports physiques que sur les formats d’encodage.

Une solution actuellement préconisée est celle du portage des documents en XML. Le XML est un format de représentation de l’information simple et universel. Le fichier produit est un pur fichier ASCII. Et on sait que le fichier ASCII est le fichier le plus universel à ce jour dans le monde informatique. Il y a de forte probabilité pour qu’il soit lisible pendant encore une longue période.

Pour la conservation des archives, les revues commerciales sont souvent regroupées sur les serveurs des éditeurs et donc bénéficient d’un espace de stockage. Mais pour les autres, les numéros anciens risquent d’être définitivement supprimés pour libérer de la place sur les serveurs.

1.5.2.4 – Un manque de reconnaissance

A cela s’ajoutent des problèmes de reconnaissance, qui sont un frein pour les chercheurs. Non seulement le flou juridique autour des droits d’auteur est un point de souffrance, mais également, sans « grands noms » associés à la revue ou le soutien d’un organisme reconnu, les chercheurs préféreront toujours publier dans une revue imprimée traditionnelle, plus prestigieuse.

1.5.2.5 – Des revues électroniques utilisées à la façon des revues papiers

Enfin, il faut bien reconnaître que l’accès électronique aux articles SHS s’apparente pour le moment plus à une alternative du papier qu’à sa substitution. Les revues électroniques sont utilisées de manière « traditionnelle », comme on consulterait une revue imprimée. On feuillette les titres et les tables des matières, on imprime les articles. Le format PDF est apprécié car il reproduit le format classique de l’article. Les fonctionnalités plus avancées (liens hypertextes, interaction) sont utilisées de façon plus marginale.

Comme toutes nouveautés introduites dans un domaine, la revue électronique emporte l’enthousiasme des uns et le réprobation des autres. On met en avant de nombreux avantages pour la promotion du support numérique, mais on isole parallèlement quelques épineux inconvénients. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Qu’en pensent vraiment les chercheurs ? Et qui sont les acteurs du développement de la revue électronique ?


CHAPITRE 2 : la revue électronique en Sciences Humaines et Sociales et ses acteurs

2.1. Le journal électronique en SHS et les chercheurs : enquête

2.1.1 – Retours et silences

Il est intéressant de s’interroger sur les rapports que les chercheurs entretiennent vraiment au jour le jour avec les périodiques électroniques. Nous avons recueilli l’avis de plusieurs chercheurs en Sciences Humaines et Sociales afin de connaître leur point de vue et leurs pratiques vis-à-vis de cet outil. Nous avons envoyé par mail un questionnaire à 102 chercheurs travaillant dans deux universités de la région parisienne, à savoir Paris I et Paris X [questionnaire visible en annexe 5] Parmi eux se trouvaient essentiellement des géographes (questionnaire adressé à 50 enseignants-chercheurs en géographie) et des sociologues (questionnaire adressé à 31 enseignants-chercheurs en sociologie) mais aussi quelques chercheurs en droit, anthropologie, anglais, philosophie, sciences de l’éducation, sciences politiques, histoire et psychologie (à raison d’un à cinq chercheurs sollicités par discipline.) De fait, les géographes se sont montrés particulièrement coopératifs. Dans l’ensemble, comme le laisse augurer Sophie Ranjard, dans son cours Connaître les publics d’un Service d’Info-Doc, de Veille, de KM… méthodologie d’enquête quantitative et analyse des résultats, donné à l’INTD le 3 avril 2003, on a eu environ 20 % de retour. Faut-il par-là en déduire que 80 % des chercheurs ne se sentent pas concernés par le sujet des revues électroniques ? Nous n’irons pas jusque là. Cependant, il faut bien garder à l’esprit que les chercheurs ayant pris le temps de répondre sont, dans l’ensemble, favorables et ouverts au développement des revues électroniques dans leur discipline. Les résultats de cette enquête révèlent par conséquent des points de vue souvent bienveillants mais qui ne reflètent certainement pas l’opinion de tout le monde !

2.1.2 – Les chercheurs et Internet

Pour commencer, nous avons voulu cerner les relations qu’entretiennent les chercheurs en Sciences Humaines et Sociales avec l’Internet.

A l’unanimité, les chercheurs interrogés disent utiliser le courrier électronique pour communiquer avec des collègues en interne et à l’international. Une seule personne modère son point de vue en indiquant qu’elle l’utilise, mais peu. La grande majorité de nos chercheurs sont abonnés à une liste de diffusion. Les deux tiers connaissent des sites de diffusion d’articles sur Internet . Ebsco en fait partie, mais surtout Cybergéo, cité très souvent par la population des chercheurs en géographie.

A l’exception d’une personne franchement hostile à l’informatique, toutes les personnes interrogées disent apprécier la présentation de l’information offerte par le Web et le format HTML. L’une d’elle précise tout de même que pour elle, le pdf est un meilleur format pour mettre en ligne des illustrations. C’est une remarque judicieuse dans la mesure où l’on sait que celles-ci ne subissent pas les grosses compressions du portage en HTML.

2.1.3 – Le contenu des revues électroniques

Cette première approche effectuée, nous avons voulu connaître leur point de vue sur le contenu des revues électroniques dans leurs disciplines.

A la question de savoir si le contenu des revues électroniques leur paraissait fiable, les avis sont partagés. Mais près de 80 % des chercheurs font confiance à ce type de production. L’un d’eux précise que cela dépend néanmoins de la crédibilité associée au nom de la revue. Un autre nous confie n’accorder du crédit qu’aux revues électroniques produites par ses pairs. Enfin, on nous précise l’importance de la présence d’un comité de lecture (même si celui-ci est loin d’être présent également dans toutes les revues papier !)

Deux tiers des chercheurs disent utiliser ce genre de sources d’information et se félicite de leur existence… dans la mesure où cela ne supprime pas le papier, tempère une personne.

Pour 1/3 des personnes interrogées seulement, l’utilisation de l’anglais pour la rédaction des revues électroniques paraît être un frein.

Vous désabonneriez vous des revues papier s’il existait un accès électronique ? Une question assez extrême où les avis sont partagés. Le « oui » l’emporte d’une courte tête, mais les hésitations sont sensibles. Il est évident que sur la population totale des chercheurs, c’est le non qui l’emporterait. L’un des chercheurs, favorable au désabonnement précise toutefois qu’il achèterait éventuellement au numéro la version papier selon ses besoins.

2.1.4 – Publier dans une revue électronique

Nous les avons ensuite interrogés sur leur pratique des revues électroniques. 2/3 des personnes interrogées ont déjà eu l’occasion de publier dans une revue électronique. Cependant, 2/3 encore pense qu’il est plus prestigieux de publier dans une revue traditionnelle que dans une revue électronique.

2.1.4.1 – Craintes…

Dans notre tentative d’identifier les craintes qu’éveillent en eux les revues électroniques, le non contrôle du contenu a été le plus cité. A égalité : la crainte du pillage. Suivent les doutes sur l’existence d’un réel lectorat et le non contrôle des droits d’auteurs. La crainte d’articles écrits par des auteurs marginaux arrivent en avant dernière position. L’éventualité d’un manque de notoriété des revues ne semble pas préoccuper en priorité les chercheurs. Pour compléter cette liste, certains d’entre eux ajoutent la dévalorisation du livre et du savoir académique, valeurs, on le sait, profondément ancrées dans les domaines des Sciences Humaines et Sociales et à plus forte raison dans les disciplines très littéraires. Enfin l’un des chercheurs les plus hostiles à l’informatique nous précisera tout simplement : l’ennui de la lecture.

2.1.4.2…Et satisfactions

Ensuite, nous avons voulu mettre en relief les principaux avantages de la revue électronique. Arrive en tête avec une écrasante majorité (l’unanimité des chercheurs) : la diffusion et consultation indépendante du lieu et du temps. Très cité également la maniabilité (facilité de stockage, de correction, de diffusion…). Puis la chaîne éditoriale plus rapide. L’interactivité est assez peu représentée. Et les fonctionnalités éditoriales avancées presque pas : en effet, les chercheurs attendent davantage dans l’avenir des revues électroniques sur ce point, estimant qu’aujourd’hui les services proposés peuvent être encore améliorés. Les chercheurs nous confient ensuite d’autres points propres aux revues électroniques qu’ils apprécient, comme par exemple la plus grande réactivité des lecteurs, la possibilité par ce biais de faire connaître ses travaux à l’étranger et inversement que les pays « du tiers-monde » puissent avoir accès aux productions des chercheurs de tout pays. Parmi les géographes, on nous signalera la qualité de reproduction des illustrations, ainsi que la non limitation des illustrations en couleurs et tableaux annexes. Enfin, on citera la rapidité de la lecture et du choix possible. Bien que ce dernier choix ne fasse pas l’unanimité des chercheurs.

2.1.5 – L’avenir des revues électroniques en sciences humaines et sociales.

Pour clore ce questionnaire, nous avons voulu connaître l’avis des chercheurs à propos de l’avenir des revues électroniques en Sciences Humaines et Sociales.

2.1.5.1 – Le développement des revues électroniques en SHS dans l’avenir : l’optimisme…

2/3 des personnes interrogées croit en un développement massif de ce type de diffusion des Sciences Humaines et Sociales face à l’édition traditionnelle en France dans l’avenir. Les raisons : d’abord financière. Les abonnements aux revues papier sont de plus en plus chers. Le coût de production des revues électroniques est moindre. Ensuite la facilité d’accès et de circulation n’est pas négligeable. Les diffusions peuvent prendre une envergure internationale. La recherche documentaire, grâce à l’indexation par mot clé est facilitée. Ensuite les délais de production et de diffusion sont raccourcis alors que la qualité de reproduction de l’appareil scientifique de démonstration (cartes, tableaux, annexes) s’améliore. Comme nous le fait remarquer une chercheuse en géographie, les nouvelles pratiques utilisant l’Internet se diffusent très vite parmi les étudiants notamment. Peut-être qu’il s’agit encore actuellement d’un effet de mode, mais celui-ci deviendra structurel, assure un autre.

2.1.5.2 – … Et le scepticisme

Mais 1/3 des personnes ne croit pas en un tel développement de la presse électronique en Sciences Humaines et Sociales, et étayent leur avis d’arguments solides. Il est vrai qu’une telle diffusion suppose une publication en anglais, pour toucher le plus large public possible, et le public est-il prêt à faire l’effort de lire dans une langue étrangère ? Malgré ce qu’assure la majorité des personnes ici interrogées, on sait que la langue peut être une barrière pour bien des chercheurs français. Ensuite, et ce n’est pas le moindre des problèmes, l’électronique se heurte et se heurtera aux habitudes et à la réticence de bien des chercheurs. L’imprimé lui aussi a pris des années pour acquérir une légitimité, nous rappelle une des chercheuses interrogées, et la production électronique est si jeune…

2.1.5.3 – L’engagement personnel

¾ des chercheurs interrogés garantisse qu’ils encourageront le développement des revues électroniques dans leur discipline et qu’ils y participeront eux-mêmes.

2.1.5.4 – Les attentes des chercheurs

En dernier lieu, nous leur avons demandé ce qu’ils attendraient des possibilités de l’électronique dans leur domaine. Parmi les nombreuses réponses : une amélioration de l’information brute et bibliographique, une diffusion et une accessibilité plus large, et par la même la possibilité de développer leur discipline, des facilités d’échange accrus avec les pays étrangers, le raccourcissement des délais, la qualité de reproduction des documents autres que textuels, la facilité de diffusion et d’indexation donc de repérage ; pour les géographes : la possibilité de publier aisément des cartographies en couleur, de mettre en ligne des extraits de système d’information géographique ou de faire fonctionner en ligne (via le JAVA) les exemples de modélisation et simulation évoqués par un article. Également pour l’un d’eux, chercheur en droit, des facilités d’archivages. « Je n’ai plus à conserver des tonnes de papiers, nous confie-t-il, l’accès aux bases jurisprudentielles ou mêmes des documents officiels me simplifie énormément le travail (et la place). Je communique plus facilement avec mes doctorants et les chercheurs de ma discipline. »

Nous nous sommes intéressés à l’un des acteurs principaux de la vie de la revue électronique en SHS : le chercheur, qui est à la fois lecteur et auteur des articles publiés. Nous allons maintenant nous pencher sur le cas de l’autre maillon important de la chaîne, les diffuseurs de cette production, c’est-à-dire les éditeurs.

2.2. L’édition traditionnelle

2.2.1 La disparition de l’éditeur ?

Le développement des revues électroniques sur Internet implique-t-il la disparition des intermédiaires entre producteurs d’informations et utilisateurs ?

Certes, l’élimination du papier détruit l’ancienne relation qui faisait de l’éditeur un imprimeur et un diffuseur des documents sélectionnés. Internet laisse entrevoir la possibilité de créer un système de communication conçu par des chercheurs pour des chercheurs. La médiation des éditeurs est contournée et les chercheurs se réapproprient la responsabilité de la chaîne de production, diffusion et conservation.

2.2.2 – Contraction de la chaîne éditoriale

Entre l’auteur de la revue SHS imprimée et le lecteur, il y a actuellement au moins deux intermédiaires

  • Auteur de l’article -> éditeur -> agence d’abonnement -> (bibliothèque) -> lecteur

Maintenant, imaginons que cet article soit mis en ligne sur Internet directement par l’auteur ; la chaîne se réduit à sa plus simple expression :

  • Auteur -> lecteur

Il faut reconnaître que la réalité est un peu plus complexe. Car dans l’océan d’informations qu’est Internet, il est difficile d’isoler la revue pertinente. On obtient donc la chaîne suivante :

  • Auteur -> base de données / bibliothèques virtuelles / portails -> lecteur

L’éditeur serait donc mis hors jeu par le développement de ce type de pratiques éditoriales ?

2.2.3 – La valeur ajoutée de l’éditeur

La méconnaissance du rôle de l’éditeur tend souvent à en sous-estimer l’importance : il ne faut pas s’arrêter en surface mais voir quels services un éditeur peut proposer aux producteurs et aux lecteurs des revues électroniques en ligne sur Internet. En effet, l’approbation d’un article par un éditeur est un gage de sérieux et la garantie de profiter des qualités de prestations offertes. L’éditeur collecte, authentifie, structure et formate les informations. Alors que les coûts de production sont inférieurs à l’édition « traditionnelle », le prix des abonnements électroniques est sensiblement le même qu’un abonnement à la version papier. C’est pourquoi l’éditeur propose une valeur ajoutée via la qualité du contenu et du contenant.

2.2.4 – Les rôles conventionnels de l’éditeur

Essayons tout d’abord de cerner les rôles conventionnels de l’éditeur :

  • L’éditeur évalue et sélectionne les manuscrits. Son comité de rédaction se tient garant de la qualité du contenu de la revue. C’est un gage de qualité.
  • L’éditeur traite le texte et le met en forme. Les informations sont structurées et formatées. La lecture, grâce à une mise en page élaborée, est plus confortable. La consultation plus aisée.
  • L’éditeur diffuse le document. Il en fait la promotion et la mise en marché. Il s’agit de toucher le plus grand nombre de lecteurs possible.
  • L’éditeur archive les articles électroniques. Il les stocke sur son serveur et cela lui permet de répondre plus tard à la demande du public pour des numéros anciens.
  • Certaines revues enfin sont certifiées. C’est-à-dire qu’en fonction du nombre d’exemplaires tirés et de leur qualité, et également au regard du facteur d’impact évalué par l’ISI, la revues peut jouir de la certification ou non.

S’il est évident que cette dernière étape n’est pas toujours respectées par les éditeurs SHS, on comprend dors et déjà, au vu de ces phases successives, que le rôle de l’éditeur ne se borne pas à la simple diffusion.

Or comme on va le voir maintenant, avec le support électronique naissent aussi de nouvelles possibilités éditoriales.

2.2.5 – Les rôles de l’éditeur enrichis par l’édition électroniqu

Quand il publie une revue électronique, l’éditeur se voit soudain impliqué dans l’exploitation des NTIC. Cela se traduit par le choix du format, l’indexation par mots clé, l’ajout de liens hypertextes, et éventuellement l’aménagement d’un espace de communication (forum, liste de diffusion…) et l’utilisation du multimédia (images, son, vidéo.) Le rôle de l’éditeur est d’offrir une stabilité et une qualité d’accès à la documentation. Il peut mettre en place un moteur de recherche, proposer à ses clients la diffusion sélective d’information. Mais il est également responsable de l’archivage. Il doit assurer la pérennité de l’information éditée. Les pages et les liens doivent être correctement mis à jour. Le client doit pouvoir rechercher parmi les archives de la revue. Le service doit pouvoir être accessible sur une longue période. Le format choisi doit alors être très stable.

On le comprend, la diffusion électronique est complexe. C’est un savoir-faire professionnel, qui demande rigueur et expertise, au même titre que l’édition traditionnelle imprimée.

2.2.6 – Un défi à relever

L’éditeur va au final participer à la création de nouveaux modèles de transmission de la connaissance. Ceux-ci sont basés entre autres sur une interaction accrue entre lecteur et auteur. Ceci est très stimulant pour l’éditeur. Comme on a pu le voir, les chercheurs regrettent la sous-utilisation actuelle des possibilités offertes par l’électronique. C’est là que va pouvoir se développer le futur rôle de l’éditeur. Au-delà du simple ajout de liens hypertextes, il pourra enrichir la revue en permettant l’indexation en texte intégral, l’inclusion de données actives, une plus grande interactivité via des forums de discussion, et bien entendu : l’utilisation du multimédia.

En effet, si tous ces atouts sont des moyens de promotion de la revue électronique que l’on met régulièrement en avant pour souligner les avantages de l’électronique par rapport à l’édition imprimée, il est frappant de voir que bien peu de revues électroniques proposent cette valeur ajoutée. Il y a là un paradoxe qu’il faudrait défaire. Les gros éditeurs, avec leurs moyens financiers plus importants que les sociétés savantes ou universitaires, ont là un rôle important à jouer : creuser le futur sillon de l’organisation et de la transmission de l’information électronique avec ses nombreuses et intéressantes possibilités. Pour que tout ce que l’on a cité ne reste pas du domaine de la virtualité.

Le travail d’édition, loin de disparaître avec l’arrivée des revues électroniques, se métamorphose et s’enrichit. Si elle relève le défi qui lui est proposé, elle pourra penser une revue électronique autre, qui exploitera réellement les moyens technologiques mis à sa disposition, et alors, la revue électronique connaîtra un développement massif dans le monde de la recherche en SHS. Bien entendu, même dans l’avenir, nous ne supposons pas que tout soit fait par l’éditeur. Mais même via la sous-traitance indispensable (appel à des sous-traitants comme Jouve, à des agrégateurs du type Ingenta ou à des organismes public comme Revues.org), l’éditeur a là un rôle capital à jouer, car il sera très certainement à la base de cette impulsion : l’appel au renouveau.

Des éditeurs commerciaux de revues ont pris le contrôle des publications dominantes et se sont installés dans une position oligopolistique. Imposant leurs revues, ils peuvent pratiquer des prix extravagants. Toutefois, cette force commerciale ne doit pas occulter la présence plus que significative des acteurs sans buts lucratifs : en particuliers les groupes universitaires et les sociétés savantes.

2.3. Les réponses non commerciales : l’open access

En réaction à l’augmentation des tarifs d’abonnement, des bibliothèques, des universités et des sociétés savantes ont décidé d’offrir à tous des accès à leurs revues moins coûteux voire gratuit [cf. annexe 1 : mail adressé à la liste de diffusion de l’ADBS : La lutte pour l’Open Access ]. Lorsque cet accès est gratuit, on parle d’open access, ou « d’archives ouvertes. » Sur Internet, les initiatives individuelles fleurissent. Des chercheurs passionnés, des spécialistes montent leur site Web et mettent leurs articles en ligne. Ces initiatives sont très nombreuses en SHS, mais également très peu reconnues. Par ailleurs, non soutenues par une institution, il arrive souvent qu’elles s’épuisent et disparaissent. Cependant, l’outil numérique est une véritable opportunité permettant de contourner les circuits de l’édition traditionnelle8.

2.3.1 – Les communautés savantes

Les éditeurs français de revues en Sciences Humaines et Sociales sont très souvent des sociétés savantes. Créées parfois depuis plus d’un siècle, elles se consacrent à un domaine d’érudition vaste ou extrêmement spécialisé. Bien souvent ces sociétés savantes ne publient qu’un seul titre, mais si on regroupe l’ensemble de leur production, on obtiendra un nombre considérable de revues éditées.

Les communautés savantes s’auto-organisent. Les sites des centres de recherche connaissent un essor fulgurant. Ils constituent sans nul doute la colonne vertébrale de la production numérique savante de demain. Ce type de développement des revues électroniques marque peut-être le retour des chercheurs comme acteurs dans l’organisation de la publication scientifique.

Cependant, ces structures s’étant fortement investies dans l’édition par tradition, la production est certes vivante mais très éclatée. Sa fragilité structurelle est préoccupante. En effet, ses principaux acteurs sont souvent des bénévoles et lorsque s’ajoutent des tâches supplémentaires d’enseignement, de direction de thèses, d’administration, l’investissement de chacun est diminué par manque de disponibilité.

Pour que leur production numérique puisse survivre au cœur de l’océan d’informations d’Internet, les chercheurs se regroupent parfois sur des sites d’archives ouvertes pour proposer au téléchargement leurs articles. On citera comme exemple, en matière de recherche en science de l’information, le groupement d’archives ouvertes Archivesic9

2.3.2 – Bibliothécaires et Presses universitaires

Il ne faut pas négliger l’importance des presses universitaires ou des services communs d’université (Grenoble, Toulouse le Mirail, la Sorbonne, etc.) des établissements publics d’éditeurs (l’EHESS) ou des filiales de ces établissements (les presses de sciences Po.) Mais si en France, ce type de presses est encore frileux dans ce qui touche au domaine de l’édition numérique, aux États-unis en particulier, les presses universitaires ont une importance considérable.

Toutefois, des efforts commencent à être faits sur le territoire français. Le projet Manum [51], dans le cadre du Programme « Campus numériques » a réuni pendant 19 mois plusieurs établissements d’enseignement supérieur (les Instituts d’Études Politiques de Grenoble et de Lyon, et l’Université de Marne-la-Vallée), différentes maisons d’éditions (les Éditions La Découverte, Armand Colin, Dalloz, Dunod, Klei-Larousse, les Presses de Sciences Po, la Documentation française et De Boeck Université) ainsi que deux laboratoires de recherches (le GRESI de l’Ecole Nationale Supérieur des Sciences de l’Information et des Bibliothèques, et le Lentic de l’Université de Liège.) L’objectif de ce projet : créer une bibliothèque virtuelle de ressources numériques en Sciences Humaines et Sociales à destination des étudiants. Une démarche importante dans la « croisade » du numérique et peut-être une avancée dans le développement des revues électroniques en Sciences Humaines et Sociales.

Les bibliothécaires participent également au développement des revues électroniques. L’initiative de numérisation des revues leur revient souvent. On citera pour les États-unis le cas JSTOR ; ce gros portail s’inscrit dans une politique de conservation patrimoniale. Son homologue français pourrait être Gallica. Gallica a été développé par la Bibliothèque Nationale de France. Cependant, à l’inverse de JSTOR, ses services sont gratuits, mais elle ne numérise que les ouvrages et revues tombés dans le domaine public. D’autres portails sont le produit du travail de bibliothécaires : les francophones Erudit et Revues.org.

2.3.3 – La difficile conciliation de la gratuité et des garanties de qualité

Les éditeurs doivent arriver à concilier une approche économique avec un système qui repose sur l’échange gratuit, en accord avec la logique Internet. A côté d’eux, en effet, se développe une logique d’auto-édition sur Internet. Phénomène accentué par les pratiques de mutualisation des connaissances qui conduisent des groupes d’enseignants à mettre en commun leurs savoir-faire en vue d’une utilisation adaptée à l’usage en classe. Les éditeurs traditionnels se verraient-ils exclus de cette logique au profit d’une production élaborée par des centres de recherche ou par voie associative via l’auto-publication ? Un article publié par un éditeur traditionnel bénéficie de son rayonnement et est en général un gage de qualité. Mais les incertitudes sur la viabilité de l’Internet marchand ont pour effet de paralyser la prise de risques. De part et d’autres règnent des incertitudes.

Les initiatives de publications électroniques à but non lucratif sont très nombreuses en SHS. Et pour cause, c’est un domaine qui ne représente pas de véritable enjeu commercial et ne relève pas de communautés scientifiques très structurées. Mais il faudrait maintenant tenter d’avoir une vue plus précise sur le marché, en dresser l’état des lieux, comprendre comment s’organise l’offre, pour pouvoir enfin cerner la réalité de la revue électronique en SHS.


CHAPITRE 3 : L’offre éditoriale en matière de revues électroniques en SHS : état des lieux.

3.1. Quelles sont aujourd’hui les revues électroniques publiées en SHS ?

Pour cette partie, je me suis appuyée sur les données extraites de la base de données E-revuesSHS que j’ai pu développer lors de mon stage à l’INIST-CNRS. Cet outil permet d’avoir une vue globale sur la réalité de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques SHS disponibles via Internet. Bien sûr la base que j’ai pu construire est datée. Il faut garder à l’esprit que les résultats présentés ici datent d’août 2003 et que cette réalité va très vite évoluer dans les mois à venir. Toutefois, à l’heure actuelle, E-revuesSHS nous fournit des moyens pour connaître la réalité des revues électroniques SHS disponibles via Internet. Elle ne prétend pas offrir une vision exhaustive. En effet, faute de temps, nous avons limités nos recherches aux domaines suivants :

– anthropologie,

– préhistoire,

– archéologie,

– histoire ancienne,

– histoire médiévale,

– histoire moderne,

– arts,

– linguistique,

– littérature,

– philosophie,

– droit,

– sociologie,

– sciences des religions,

– ethnologie,

– géographie.

Et n’avons pu traiter les disciplines :

– sciences politiques,

– sciences de l’information

– sciences de l’éducation,

– psychologie,

– économie,

– gestion,

– épistémologie.

Cet outil devait nous permettre de recenser mais aussi d’analyser les revues électroniques afin de les comprendre, ou du moins de tenter d’approcher le plus possible leur essence et de les cerner. Pour cela, nous avons structurés notre base de données en de nombreux champs :

– Titre

– Editeur

– ISSN papier (si disponible)

– ISSN électronique (si disponible)

– Accès (gratuit, payant ou gratuit si abonnement à la version papier)

– URL

– Domaine / discipline (ex : géographie)

– Equivalent en section CNRS (ex : 33)

– Présence éventuelle sur un portail (ex : Project Muse, JSTOR, INGENTA…)

– Langue des articles

Si l’on s’étonne de l’aspect peu conventionnel de certaines données (entre autres, le champs « type d’accès), il faut savoir que ces champs ont été choisi en commun accord avec les membres de l’équipe de l’INIST pour lesquels je développais ce prototype de base de données. Nous avons retenu les critères qui correspondaient à leurs attentes respectives. La base n’obéit donc à aucune norme établie mais répond aux besoins internes de l’INIST ainsi qu’à l’usage futur qui en sera fait dans BiblioSHS, la base de données étant destinée à être intégrée à ce portail, disponible en ligne via le site Web de l’INIST (http://www.inist.fr).

Concrètement la base se présente sous la forme d’un site Internet en HTML.

L’étude de ces données extraites de E-revuesSHS (plus de 1600 revues recensées) nous a donc permis de dresser le panorama statistique suivant :

3.1.1- Éditeurs commerciaux, sociétés savantes et presses universitaires se disputent le marché

Les presses universitaires rassemblent surtout les productions des universités américaines, très actives dans le domaine de la publication d’articles électroniques en SHS. C’est une part de marché importante de 34 %.

Les sociétés savantes englobent une très large population : les associations, les chercheurs isolés ainsi que les sociétés spécialisées dans l’étude d’un domaine. Quelques exemples de ces différentes catégories : l’association des ruralistes français qui publie leur revue « Ruralia », le Centre d’études et de recherches comparatives en ethnologie qui publie « Ethnologies comparées », ou encore Michelle Ziegler et sa revue « Heroic age: A Journal of early medieval Northwestern Europe. » Ce groupe rassemblant des populations nombreuses et variées explique peut-être le très gros 60 % de parts de marché. Cependant, les éditeurs commerciaux sont très loin d’arriver en tête : pourquoi ?

En fait, les sociétés savantes la plupart du temps ne publient qu’une seule revue. Elles sont très nombreuses mais n’ont pas un catalogue de revues important. Il en va de même – dans une moindre mesure toutefois – pour les revues publiées aux presses universitaires. Il s’agit souvent de revues gratuites, à périodicité variable. Par contre, les éditeurs commerciaux traditionnels sont peu nombreux mais possèdent un catalogue très important. C’est ce qu’illustre le prochain schéma.

3.1.2 – Répartition par nombre de revues publiées : l’écrasante domination des « poids lourds » de l’édition

La publication d’une revue isolée est le fait des chercheurs à titre individuel, et des sociétés savantes. Ce foisonnement de petits éditeurs publiant peu est caractéristique du secteur des SHS.

Comme on peut le constater également, Les éditeurs petits à moyens (2 à 5 revues publiées) sont quand même assez nombreux. Ici se cumulent les productions des sociétés savantes et des universités.

La plupart du temps, les éditeurs publiant entre 10 et 20 revues sont de grandes universités américaines.

Quand on arrive à plus de 20 revues publiés, il s’agit généralement d’éditeurs commerciaux ou de presses universitaires très actives dont la production est payante.

Pour la catégorie publiant entre 20 et 50 revues, nous avons recensé Duke University Press (24 revues recensées dans E-revuesSHS), Routledge (31 revues), John Hopkins University Press (34 revues), Oxford University Press (39 revues), Cambridge University Press (42 revues) et Taylor and Francis (49 revues.) On notera ici la présence de très gros éditeurs universitaires. Cependant, leurs publications ne sont jamais gratuites et elles s’inscrivent clairement dans une visée commerciale, comme le sont Les Presses Universitaires de France par exemple.

Enfin les leaders du secteur sont Elsevier (61 revues), Carfax Publishing (64 revues), Sage Publications (76 revues) Kluwer Academic Publishers (81 revues) et Blackwell Publishing (88 revues.)

3.1.3- Répartition par domaines

Il est intéressant de connaître les disciplines SHS qui s’ouvrent à la publication électronique ainsi que celles qui restent plus réticentes. Si la sociologie arrive largement en tête, c’est parce que, dans le cadre de l’interdisciplinarité des revues SHS, de nombreuses revues abordent des thèmes sociologiques. Par ailleurs de nombreuses revues touchant aux sciences politiques sont souvent classées en sociologie, ce qui gonfle son potentiel.

On notera toutefois les belles performances de l’histoire moderne, des sciences des religions, de la géographie et de l’ethnologie. Les arts auraient à tirer plus partie des possibilités que peut lui offrir l’édition électronique notamment en terme de multimédia.

Les matières très littéraires comme la linguistique, la littérature et la philosophie obtiennent des scores moyens. Cela s’explique peut-être par le fait que dans ces domaines plus que dans les autres – et surtout en littérature – , les chercheurs sont attachés à la signification et à la valeur historique du papier. Peut-être la dynamique sera-t-elle plus longue à se mettre en route dans ces domaines aux réticences encore sensibles.

Pour les maigres résultats de l’anthropologie, de la paléontologie, de l’archéologie, de l’histoire ancienne et médiévale, cela s’explique peut-être par le nombre moins important de revues publiées – que ce soit imprimées ou électroniques – par rapport aux secteurs plus importants en terme de taille et de nombre de chercheurs que sont l’histoire moderne, la sociologie, la philosophie, la littérature, la géographie, l’ethnologie…

3.1.4 – L’accès aux revues électroniques :accès libre ou restreint

Ce qui est à remarquer dans ce graphique c’est l’équilibre global des trois solutions. Encore une fois, cela nous prouve que les éditeurs commerciaux ne sont pas dans une situation d’écrasant monopole. Les sociétés savantes et les universités proposent en nombre des solutions non lucratives. L’open access dans les disciplines SHS est un succès. Enfin on notera également l’essor du couplage version papier / version électronique. Cela ressemble furieusement à de la vente forcée, mais c’est la solution qu’ont trouvé les éditeurs et producteurs pour familiariser le lecteur avec le support électronique. Petit à petit devrait s’opérer un glissement vers l’électronique « pur. »

3.1.5 – Les langues des revues électroniques en SHS

De fait, l’anglais domine. Etant une langue internationale, même les revues publiées en France ou en Allemagne par exemple émettent également des articles en anglais. Les 83 % ne sont pas forcément des revues conçues sur le territoire anglais ou américain. Elles peuvent être russes, hollandaises ou espagnoles par exemple. Bien entendu, il ne faut pas nier que cela reflète également la domination anglaise et américaine dans le secteur de la publication de revues électroniques en SHS. Les universités américaines à elles seules représentent 1/3 du marché potentiel. La France est en retard et ceci explique le score impressionnant des revues aux articles anglophones existant sur le marché et la mince proportion d’articles francophones.

3.2. Un article dans un océan d’informations

3.2.1 – Internet : un réservoir intéressant, mais difficile à exploiter

Dans l’idéal, tout le monde peut accéder à l’information qu’il souhaite en se connectant simplement au réseau. Mais dans une masse d’informations qui ne cesse de croître, le bruit devient de plus en plus handicapant : les informations pertinentes se trouvent noyées voire perdues dans un océan de données plus ou moins intéressantes. Internet est sans nul doute un réservoir d’information énorme. Mais les articles des revues électroniques qui y paraissent sont à la fois dévoilées et cachées par la mise en ligne. Eclatées et foisonnantes, les ressources seraient à réorganiser de façon globale. De la difficulté d’embrasser le paysage actuel est née une idée, et par la suite un moyen : la création de bases de données recensant les périodiques électroniques éparpillés sur Internet.

3.2.2 – Dompter le flux anarchique : la base de données E-revuesSHS

Pourquoi avons-nous été amené à créer la base de données E-revuesSHS ?

E-revuesSHS a entre autres pour vocation de remédier à l’éparpillement des revues électroniques en SHS sur Internet. Fédérateur, ce projet doit aussi valoriser ce type de production et permettre au chercheur un meilleur repérage. La base de données livre toute sorte d’informations électroniques à l’usager. Dans le cas E-revuesSHS, on a choisi de fournir le titre de la revue, son éditeur, son ISSN électronique s’il est connu, son ISSN papier s’il existe, son support (la revue est-elle exclusivement électronique ou mixte ?) son accès (payant ? gratuit ? gratuit si on est abonné à la version papier ?), sa présence éventuelle sur un portail, sa langue. On s’est servi pour constituer cette base des répertoires et catalogues virtuels existants et en particulier de l’EZB10. Ulrichsweb11 qui propose des services de recherche des revues électroniques en texte intégral via Internet nous a déçu, renvoyant à des résultats erronés. Pour E-revuesSHS, toutes les ressources ont été triées, sélectionnées et contrôlées. Pour chaque titre, on propose des contacts et des liens vers d’autres sites : le site de la revue ou le portail où elle est disponible. [cf. annexe 2 : Cahier des charges pour la création d’une base de données : E-revues SHS]

En plus des répertoires virtuels, il existe de nombreux serveurs de revues dispersés sur Internet. En particulier ceux des grandes universités américaines qui intègrent les articles de leurs publications scientifiques.

3.2.3 – Agréger une offre dispersée

Dans cette logique d’agrégation des titres, mais aussi pour permettre de vendre leurs revues plus facilement, des portails, des bases de données et des catalogues regroupant de nombreux titres de périodiques en SHS ont été mis en place. Nous allons dresser un panorama de l’offre actuelle.

3.2.3.1 – Elsevier

Par le biais de ScienceDirect, Elsevier se place comme un acteur majeur du domaine au niveau international. Surtout connu pour ses titres en STM (c’est la plus grande base d’articles en texte intégral dans ce domaine) Elsevier propose aussi des articles de revues en SHS. C’est par une croissance massive et une politique de fusion-acquisition qu’Elsevier a acquis cette puissance sur le marché. Elle propose des services spécialisés afin de fidéliser sa clientèle. Elsevier cherche à atteindre une position de monopole et c’est pour cela qu’elle ne cesse d’enrichir sa collection afin de proposer l’offre la plus complète possible et devenir ainsi un acteur incontournable du marché. Avec son catalogue d’une taille conséquente, sa position à l’international, la qualité de ses services, Elsevier retient l’attention. Seulement, la part des SHS dans l’offre, si elle tend à se développer reste faible. Elsevier a des concurrents.

3.2.3.2 – Ingenta

Ingenta est sans nul doute l’un des concurrents principaux d’Elsevier. Lors de l’élaboration de E-revuesSHS, on a pu constater que de nombreuses revues étaient disponibles via son portail. Avec près de 15 millions d’articles, dont 5400 en texte intégral, il s’agit d’abord d’une base de données de tables de matières. Elle compte plus de 327 000 périodiques en langue anglaise dans tous les domaines. Elle fait de la fourniture de documents. Les périodiques électroniques en SHS y sont nombreux.

3.2.3.3 – Swets/Blackwell

Swets/Blackwell pourrait concurrencer Elsevier, mais il s’agit là d’une logique différente. Blackwell Publishing a édité de nombreuses revues électroniques en SHS. Il n’existe pas de banque de données, mais plutôt un catalogue commercial destiné aux futurs clients désirant passer par l’intermédiaire de ce colossal gestionnaire d’abonnement. Ce catalogue, Swetswise, propose près de 7500 revues, éditées par 260 éditeurs. Puissant financièrement, il s’agit de l’agence d’abonnement la plus importante à l’heure actuelle.

3.2.3.4 – Erudit

Erudit est un portail francophone qui se distingue. Il permet aux revues savantes de s’aventurer sur le terrain de l’électronique. Via une interface claire et bien pensée, Erudit accueille les revues universitaires sans distinction d’éditeur ou de pays d’origine. Le nombre de titres est encore relativement faible, une quarantaine seulement. Elle rassemble un large éventail de disciplines parmi les Sciences Humaines et Sociales. Soutenu par le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture, des articles récents paraissent régulièrement et les articles des numéros antérieurs font l’objet d’une numérisation rétrospective. Il faut se féliciter de l’existence de ce portail francophone pour les revues électroniques en SHS, sans doute le plus important à l’heure actuelle, et entièrement gratuit.

3.2.3.5 – Revues.org

C’est un autre portail et hébergeur de revues francophones en SHS. Cette association à but non lucratif souhaite remédier à l’éparpillement des ressources en revues SHS sur Internet. Faute de moyens pour soutenir ce projet français, le catalogue est de petite taille : seulement 18 revues mises en ligne. Elle regroupe des partenaires dans les universités de Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Chambéry, Clermont Ferrand et Avignon.

3.2.3.6 – JSTOR

JSTOR est lancé en 1997 et financé par la fondation américaine Andrew W. Mellon. La mission fixée : construire une archive électronique exhaustive des collections anciennes de revues savantes fondamentales, dans les domaines SHS, économie et statistiques. Les numéros les plus anciens datent de 1838, les plus récents de 2000 environ. Très plébiscité par les chercheurs qui apprécient cette volonté de sauvegarde et de mise à disposition des fonds patrimoniaux, ce portail a été mis en place par les plus grandes bibliothèques de recherche des Etats-Unis. Le moving wall, c’est à dire la date de passage d’une revue dans le fond rétrospectif, oscille entre 2 et 7 ans.

3.2.3.7 – Muse

Muse est parfois le pendant de JSTOR. En effet, les revues que ne propose pas JSTOR du fait du moving wall sont parfois disponibles chez MUSE. Muse est un projet de la John Hopkins University initié en 1995. A sa création Muse regroupait 46 revues propres à John Hopkins. Aujourd’hui, il s’agit de l’un des plus gros éditeur numérique en SHS avec environ 225 titres. Ce sont essentiellement les revues d’autres presses universitaires américaines : Duke University Press, Indiana University Press, University of Hawaii Press, Pennsylvannia State University Press. Muse touche tous les domaines de la littérature et de la critique, les arts visuels et les spectacles, les études culturelles, les sciences politiques, etc. Il s’agit d’un projet majeur dans le domaine des SHS. Lors d’une recherche d’articles, on aura de grandes chances d’avoir à passer par Muse.

Comme on peut donc le constater un duopole domine le marché : il s’agit d’Elsevier et d’Ingenta. Disposant d’un impressionnant portefeuille de titres et d’une expérience certaine dans le domaine de l’édition numérique, font-ils de l’ombre aux « petits éditeurs » ?

On a vu que ces « petits » éditeurs étaient fort nombreux et occupaient une place importante sur le marché des revues électroniques en SHS. Cependant, il est plus avantageux pour eux d’intégrer un portail plus large, tel que Muse ou Erudit par exemple pour toucher un plus grand public. Elsevier et Ingenta ne se consacrant pas prioritairement aux SHS, il est loin d’être évident que le marché autonome se fera happer au niveau international par l’attraction de l’un ou l’autre pôle.


CONCLUSION

A travers cette étude, nous avons tenté de présenter un panorama aussi précis que possible de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques appliqué à un secteur : les Sciences Humaines et Sociales. Nous avons pu observer la métamorphose progressive de la production de ce mode de diffusion émergent, de sa conservation et de son utilisation pratique. Considérant ces données, nous pensons pouvoir parler de bouleversement du secteur de l’information scientifique. C’est une lente révolution certes, et qui mettra du temps à s’ancrer dans les mœurs, mais déjà bien mise en place et qui évolue peu à peu, se déplaçant sur des terrains toujours plus vastes et variés, touchant à des disciplines jusqu’alors réticentes.

Pourquoi des termes aussi fort que « bouleversement », « révolution » ?

Premièrement, parce que les bibliothécaires, les chercheurs et les universitaires, en contestant le système d’édition traditionnel par la mise en ligne de leurs revues et le recours à l’auto-édition, ont remis en cause un schéma vieux de plusieurs siècles.

Deuxièmement parce que les revues électroniques, si elles peuvent aussi être le miroir de leur homologue papier quand elles se limitent à la simple numérisation de la version originale, tendent à réinventer la revue grâce aux nouvelles technologies. Si les possibilités du multimédia sont aujourd’hui encore sous-exploitées, on peut espérer que dans les années à venir, les revues électroniques deviendront un accès enrichis à l’information, regorgeant de moyens technologiques pour la rendre plus attrayante, plus vivante et pertinente, plus simple à trouver également via le développement de moteur de recherche full-text.

On le comprend, avec la revue électronique, il ne s’agit bien sûr pas de reproduire les modèles classiques de la revue imprimée mais d’inventer quelque chose de nouveau. C’est là que les éditeurs ont un rôle à jouer, s’ils ne veulent pas souffrir de la concurrence des revues alternatives sur l’Internet, publiées par les universités et les sociétés savantes. Grâce à leurs moyens et leur renom, ils sont en mesure de se lancer dans une grande aventure. S’ils proposent au public des expériences innovantes et enrichissantes, alors, en très peu de temps, le monde de la recherche en Sciences Humaines et Sociales jouira d’une avancée considérable, comme c’est déjà le cas dans le secteur des Sciences Techniques et Médicales.

De même, outre les éditeurs, bibliothécaires et documentalistes ont un rôle à jouer dans cette aventure. Pour que les chercheurs ne s’égarent pas dans le labyrinthe de l’information en ligne, il est nécessaire que quelqu’un accepte le rôle d’intermédiaire. Et c’est là une fonction capitale dans la chaîne de la production et de diffusion de l’information numérique. Bibliothécaires et documentalistes seront sans doute amenés à devenir les indispensables passerelles entre les auteurs et les lecteurs, ceux qui recenseront, indexeront les revues pour constituer les bases de données et les sites portails, autant de balises très utiles dans l’océan d’informations d’Internet.

Par ailleurs, il sera aussi de leur rôle de promouvoir le support électronique dans les milieux de la recherche en Sciences Humaines et Sociales. Car les réticences sont encore nombreuses et c’est leur tâche d’ouvrir des perspectives aux chercheurs via ce support, qui leur était encore inconnu jusqu’alors.

Les revues électroniques sont encore jeunes et d’autant plus en Sciences Humaines et Sociales : c’est un phénomène très récent. Il y a encore beaucoup de travail pour que ce type de publication soit reconnu à sa juste valeur. Il reste de nombreuses zones d’ombre à éclaircir, comme la question du flou juridique ou les problèmes d’archivage. Ce sera une lutte de tous les instants pour leur garantir reconnaissance et prestige. Elles auront encore à vivre pour bien des années dans l’ombre vaste et intimidante de leurs aînées, les revues dites traditionnelles.

Cependant, il faut tempérer le pessimisme ambiant quant au difficile développement de ce nouveau mode de diffusion en SHS. Des points qui posaient de grands problèmes il y a encore quelques années sont aujourd’hui en passe d’être réglés, comme l’accès démocratique au réseau. Internet s’est beaucoup banalisé. Le Haut débit se répand dans les familles. Dès lors, les chercheurs se tournent aujourd’hui d’autant plus volontiers vers la technologie qu’elle devient chaque jour plus accessible. Le réseau a vu naître de nouvelles formes de collaboration ; les façons de travailler évoluent avec ces nouveaux types d’échange. Capable désormais de rendre accessible au monde entier sa production, le chercheur en Sciences Humaines et Sociales se réapproprie en quelque sorte sa discipline.

Quelle sera l’avenir de la diffusion des connaissances en Sciences Humaines et Sociales ? On peut imaginer des bibliothèques virtuelles toujours plus vastes et performantes, centralisant un accès aux articles scientifiques de la production SHS : un réservoir gigantesque d’informations, à la portée de tous, rapidement et simplement, disponible en quelques clics. Peut-être les productions indépendantes continueront-elles à se diversifier ou alors un des poids lourd de l’édition actuelle prendra-t-il le dessus, instaurant une situation de monopole ?

Quoiqu’il en soit les professionnels de l’information devront rester attentifs à ce type de production car ils auront un rôle à jouer dans leur diffusion. Créant et administrant les espaces de recherche et de travail, organisant et mettant en forme l’information, l’indexant et la mettant à disposition, ils sont quoi qu’il arrive des médiateurs incontournables dans le développement des revues électroniques en ligne.


GLOSSAIRE

Ce glossaire a pour objectif de préciser le sens de quelques concepts très proches, dont la mauvaise compréhension pourrait prêter à confusion.

Bibliothèque virtuelle : souvent utilisé à tort, (l’EZB entre autres se revendique « bibliothèque virtuelle » alors qu’elle est davantage base de données), ce terme désigne en réalité une base de données informatique donnant accès au texte intégral des revues (ou des monographies par exemple) qu’elle recense.

Base de données : produit informatique cataloguant, organisant et hiérarchisant l’information (ici à propos des revues) mais sans donner accès dans le cadre strict de la base au texte intégral des revues (ou des monographies, etc.)

Portail : le portail, vaste site mis en ligne sur Internet, rassemble en son sein, via un accès unique, une myriade d’informations. Dans notre cas, notre base de données, E-revuesSHS, sera intégrée dans le portail BiblioSHS, qui propose à côté de cela, d’autres services aux chercheurs.


Bibliographie

Sommaire de la

BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE

  • Définition des Sciences Humaines et Sociales
  • De l’imprimé vers l’électronique
  • Projets Internet pour revues savantes en Sciences Humaines et Sociales : Portails, bases de données …
  • Les revues savantes et le support électronique
  • Les revues en Sciences Humaines et Sociales et le support électronique
  • Étude d’un secteur : les revues électroniques en littérature

*Classement thématique, puis par ordre alphabétique de titre.*

*Bibliographie arrêtée le 30/09/2003*

Définition des SHS

Décrit les catégories retenues par l’INIST/CNRS pour constituer les champs de la base FRANCIS.

La définition des SHS par le département SHS du CNRS. Définition plus poussée mais également plus complexe que celle fournie par la base FRANCIS.

Les différents domaines de recherche divisés en sections par le Comité national de la recherche scientifique. Valables jusqu’en 2004. Les sous-thèmes englobés par les sections y sont détaillés.

De l’imprimé vers l’électronique :

  • (4) De l’imprimé vers l’électronique. Réflexions et solutions techniques pour une édition savante en transition / Vezina (Marie-Hélène), Sevigny (Martin). – In : Documentaliste – Sciences de l’information, Vol. 36, n°6, décembre 1999, p. 306 – 320.

Acteurs intermédiaires de la chaîne documentaire, éditeurs et bibliothécaires sont de plus en plus impliqués dans des projets de diffusion électronique de l’information : en même temps, ils doivent continuer à répondre à une forte demande de supports imprimés. Une manière d’assurer la coexistence de ces deux tendances consiste à produire les deux formes d’édition à partir d’un document source unique. Cet article étudie les avantages de cette approche et en présente une application dans le cadre d’un projet pilote d’édition électronique de revues savantes aux Presses Universitaires de Montréal.

• (5) Du codex à l’écran : les trajectoires de l’écrit / Roger Chartier. – in : Textualités et nouvelles technologies, Ec/arts, 2000

URL : http://www.ecarts.org/order/_doc.asp?id=78 [consulté juin 2003]

Article parcourant l’histoire du livre, du rouleaux jusqu’au livre électronique.

  • (6) Du papyrus à l’hypertexte : essai sur les mutations du texte et de la lecture / Christian Vanderdorpe. – Paris : La découverte, 1999

Mêmes objectifs que précédemment.

  • (7) De la page à l’écran. Réflexions et stratégies devant l’évolution de l’écrit sur les nouveaux supports de l’information / Dominique Autié. – Montreal : Editions Elaeis, 2000

Mêmes objectifs, visée historique remplacée par une analyse critique et stratégique de cette métamorphose.

  • (8) Print versus electronic journals : a preliminary investigation into the effect of journal format on research processes. / Sathe, Nila A.; Grady, Jenifer L.; Guise, Nunzia B.. – in : Journal Of The Medical Library Association. Vol. 90 N°2. April 2002 (p 235-243)

Afin de commencer à examiner l’impact de journaux électroniques sur les processus de recherche d’information, les auteurs ont réalisé une étude pilote pour évaluer comment les utilisateurs emploient les journaux imprimés et les journaux électroniques. Quinze titres imprimés très utilisés et également disponibles en format électronique ont été placés derrière le bureau de circulation. Puis on a demandé aux utilisateurs de compléter un questionnaire lorsqu’ils demandaient un journal. Une enquête auprès d’utilisateurs employant des ordinateurs de la bibliothèque a été conduite parallèlement. Dans les deux cas on demandait aux utilisateurs de s’identifier par catégorie d’utilisateur et leur mode d’utilisation du journal. Pendant le mois d’étude, 69 questionnaires sur l’usage de journaux électroniques et 90 sur l’usage de journaux imprimés ont été recueillis. Les résultats sont analysés. Cette étude est un premier pas pour comprendre comment les journaux électroniques affectent le processus de recherche. En plus des implications pour la gestion de collections en bibliothèques, ces données ont aussi une implication pour les éditeurs et les enseignants. En effet, les formats électroniques actuels ne facilitent pas tous les types d’utilisations et peuvent ainsi changer les modes d’apprentissage.

  • (9) Vers de nouveaux contrats de lecture / Claire Bélisle. – in : Communication présentée au colloque Espaces virtuels de lecture et d’écriture, 11-12 octobre 2001, Université d’Ottawa.

URL : http://www.ish-lyon.cnrs.fr/labo/LIRE/TrContratsLect.ppt

Document PowerPoint issu d’une présentation lors du colloque Espaces virtuels de lecture et d’écriture, les 11-12 octobre 2001, à l’Université d’Ottawa. Des concepts assez généraux présentant les dificultés que peut générer un document électronique, porteur de changements et destabilisant lors de l’établissement du pacte de lecture.

Projets Internet pour revues savantes en sciences humaines et sociales : Portails, bases de données …

  • (10) Archivesic [site Internet]

URL : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/ [consulté le 24/09/03]

Site d’archives ouvertes (open access) dans les sciences de l’information.

  • (11) A user-oriented evaluation of digital libraries : case study the « electronic journals » service of the library and information service of the University of Patras, Greece. / Monopoli, Maria; Nicholas, David; Georgiou, Panagiotis; Korfiati, Marina. – in : Aslib Proceedings. Vol. 54 N°2. 2002 (p 103-117)

Cet article fournit une évaluation de l’utilisation du journal électronique de la bibliothèque et du service d’information de l’Université de Patras, en Grèce. Cette évaluation recherche qui sont les utilisateurs de journaux électroniques, leur fréquence d’utilisation du service, leurs motifs, où sont leurs points d’accès et quels services et méthodes de recherche ils emploient. Les utilisateurs sont aussi invités à choisir entre un article de journal électronique et article de journal papier. Enfin l’article indique quelques facteurs qui découragent d’avoir accès à un service de journal électronique.

Site présentant les différents moteurs de recherches et portails spécialisés dans les revues électroniques. Décris en particulier JSTOR et INGENTA.

Base de données / répertoire allemande extrêmement intéressante et fournie. Traite entre autres les périodiques électroniques en SHS.

  • (14) Electronic shoes for the cobbler’s children : Treatment of digital journals in library and information science databases. / JACSÔ, Péter. – in : ONLINE. Vol.25 N°4. July/August 2001 (p.46-52)

Alors que des milliers de références dans les bases de données renvoient au thème des journaux électroniques, ce n’est que depuis peu, et seulement pour une faible partie d’entre elles, que ces bases contiennent le journal lui-même. Cet article propose une étude des bases donnant accès à des journaux paraissant uniquement sous forme électronique et accessibles gratuitement dans le domaine des sciences de l’information et des bibliothèques. Sur le 25 journaux électroniques répondant à ces critères, dix d’entre eux ayant la plus large couverture ont fait l’objet d’une étude dans six bases de données en LIS, à savoir : ERIC, INSPEC, ISA, LISA, Library Literature and Information Science, PAIS. Le contenu des références et les services en ligne sont ensuite évalués. En dehors du contenu même des articles, deux éléments annexes, mais sources d’information, sont très différemment traités suivants les bases ou les serveurs : les URL et les références et cela pour des raisons qui restent difficiles à préciser.

Le site officiel d’Erudit, portail vers quelques revues savantes en SHS.

  • (16)Exploring behavior of E-journal users in science and technology: Transation log analysis of Elsevier’s ScienceDirect OnSite in Taiwan / Ke, Hao-Ren; Kwakkelaar, Rolf; Tai, Yu-Min; Chen, Li-Chun. – in : Library Information Science Research. Vol 24 N° 3. 2002 (p.265-291)

Depuis l’entrée dans l’ère des bibliothèques numériques, les bases de données électroniques fonctionnant sur le Web sont devenues d’importantes ressources pour l’éducation et la recherche, apportant de nouvelles fonctionnalités et des facilités par rapport aux produits imprimés. L’analyse des usages d’un tel système est susceptible de produire des informations pertinentes sur le comportement des usagers et sur le système en général. Cet article analyse l’usage du ScienceDirect OnSite E-journal System situé à Taiwan, un des plus largement et intensivement utilisé pour l’accès en texte intégral aux bases de données mondiales de sciences et technologies médicales.

Le site officiel d’Ingenta, portail pour revues électroniques savantes.

Le site officiel de JSTOR, base de données donnant accès aux collections rétrospectives de titres de périodiques numérisés (plus de 300 titres) dans les domaines des arts et lettres, des sciences et des sciences humaines et sociales.

  • (19) La bibliothèque électronique : bibliothèque de demain ou d’aujourd’hui ? / Belbenoit-Avich, Pierre-Marie. – in : Bulletin des Bibliothèques de France. VOL38 N°6. 1993 (p.60-65)

Les temps viennent où la nature, la fonction, voire la raison d’être des bibliothèques vont être radicalement modifiées. Nos établissements deviendront, deviennent déjà des bibliothèques « virtuelles » ou électroniques. L’ensemble de l’information et de ses accès se dématérialise : ce qui aura d’énormes conséquences sur l’usager, sur notre travail et nos mentalités.

  • (20) La bibliothèque numérique patrimoniale : paradoxes, missions, typologie et évaluation / Dominique Arot. – Paris : Edition de l’ADBS, 2000.

Analyse les projets de bibliothèques virtuelles à volonté patrimoniale comme Gallica de la BNF.

  • (21) La bibliothèque virtuelle (dossier)/ Roumieux, O.. – in : Archimag. N° 111. Février 1998 – (p. 22-32)

La bibliothèque universelle est un fantasme très ancien. L’ordinateur, dès ses débuts, complété par les réseaux de télécommunication, ont fait revivre cette utopie. Les sites offrant des textes comme ceux de l’ABU (association de bibliophiles universels), ou encore Gallica de la BNF constituent un départ de ce que pourrait être la bibliothèque virtuelle. Mais beaucoup de problèmes se posent, et en premier lieu les formats très différents nécessitant des logiciels de lecture/écriture spécifiques. La création de documents électroniques utilisant les potentialités du multimédia et de l’interactivité constituent une innovation où le lecteur interagit. Comme dans toute bibliothèque, la recherche d’un document et les outils mis à la disposition des usagers constituent un problème : les annuaires proposés sur l’Internet représentent des «points d’accueil dans le cyberespace». Le troisième problème se pose avec le catalogage des ressources électroniques. Basé sur le concept de métadonnées, de nouveaux formats actuellement à l’étude devraient rapprocher les initiatives venant des acteurs de la documentation et de l’informatique. Mais comment va se développer la bibliothèque virtuelle ?

La Bibliothèque virtuelle de périodiques est un projet franco-québécois développé et mis à jour par une quinzaine de bibliothécaires et documentalistes. À ce jour, elle répertorie environ 500 revues et magazines électroniques offrant leur contenu sur Internet.

  • (23) Libre accès à l’information scientifique et technique : actualités, problématiques et perspectives [site Internet]

URL : http://www.inist.fr/oa/spip/ [consulté septembre 2003]

Réflexions sur le phénomène d’open access, observations des évolutions et mise en valeur des nouveautés.

Site officiel du Projet universitaire Muse. Accès à 167 périodiques électroniques en sciences humaines et sociales. Cette base de données de revues en ligne, gérée par les presses de l’Université Johns Hopkins en collaboration avec leurs éditeurs partenaires et la bibliothèque Millton S. Eisenhower, propose des revues savantes en texte intégral, interrogeables à l’aide d’une interface de recherche Web conviviale conçue pour faciliter la recherche et la lecture à l’écran.

  • (25) Navigating the Nexs Net: How News Consumers Read the Electronic Version of a Daily Newspaper / Williams, Peter; Nicholas, David. – in : Libri. Vol 51 N° 1. March 2001 (p. 08-16)

La littérature comporte beaucoup de discussions sur les particularités des journaux en ligne qui les distinguent de leur équivalent imprimé dont ils sont issus. En revanche, peu d’intérêt a été accordé au point de vue des lecteurs sur cette migration de l’imprimé sur un support électronique. Cet article décrit une expérience à petite échelle qui, à partir de l’observation d’utilisateurs interrogeant librement le site de The Times sur le web pour des objectifs précis, a analysé les problèmes de navigation, d’accès ou de recherche qu’ils ont rencontré. Les résultats montrent que la majorité des éléments hautement vantés de la «valeur ajoutée», tels que les services d’archives et de référence, n’étaient pas attendus ou particulièrement admirés par les lecteurs, qui exigeaient simplement un système de nouvelles totalement exhaustif. Les difficultés de navigation causées par une signalétique déficiente, des barres de menus multiples, des listes de contenus non structurés, une organisation et une mise en page compliquée constituent l’opinion première émise sur ce site, avant celle concernant le contenu proposé actuellement.

Site officiel du PNER. Le PNER a mis en place un Programme d’Actions Concertées de Recherche dans les domaines de la numérisation et de la production numérique.

Site proposant quelques titres de périodiques SHS en texte intégral électronique.

Base de données pour les périodiques. Permet entre autres une recherche sur les périodiques électroniques en SHS. Cependant décevante, car renvoie à des résultats erronés.

Les revues savantes et le support électronique :

  • (29) Bilan sur un mode de diffusion de l’information scientifique et technique : les journaux électroniques alternatifs via l’Internet / Gippet, Philippe. – Mémoire DESS INTD. 26-30. 1996 (50 p.)

Enquête, au travers d’entretiens et d’une étude de l’existant, sur les journaux scientifiques électroniques non-commerciaux via l’Internet. Est aussi analysée l’influence de ce type de média sur la diffusion de l’information scientifique et technique.

  • (30) Collection development in an electronic environment. 2- Are we there yet? Online E Resources ten years after/ / Okerson, Ann. – in : Library Trends. Vol. 48N°4. spring 2000 (p. 671-693)(30 ref.)

Cet article propose une analyse, année par année, des nouveaux journaux électroniques, des tendances de l’édition électronique et des développement technologiques pour les années 90. L’archivage, l’usage, l’utilité, l’accès et le copyright sont identifiés comme étant les problèmes majeurs. Pour l’auteur, entre 2000 et 2005 tous les périodiques scientifiques importants seront sur le Web, des services d’indexation et de résumé serviront de passerelles vers le contenu des journaux, et les consortium grandiront en puissance. Ce futur, cependant, ne devrait être ni catastrophique ni utopique mais simplement un peu plus embrouillé et un peu moins simple.

  • (31) Des documents numériques en ligne pour l’enseignement et la recherche: Le programme Numérisation pour l’enseignement et a recherche / Comberousse (Martine). – in : Documentaliste – Sciences de l’information, Vol. 36, n°6, décembre 1999, p. 345 – 349.

Article abordant le projet PNER en présentant le programme, les études d’usages, la position des différents acteurs, notamment les éditeurs, et les contextes juridique et économique du dispositif à mettre en place

  • (32) E-serials : publishers, libraries, users, and standards / Wayne Jones, ed. – New York ; London : The Haworth press, 1998. – XVI-363 p. ; 21 cm ISBN 0-7890-0514-X

Deux articles viennent développer le thème principal de ce numéro. Le premier étudie les différents critères à prendre en compte dans le choix de la base donnant accès aux journaux électroniques : notamment le mode d’accès, le coût, les liens possibles et la fourniture du document. Les principaux moyens d’accès aux journaux électroniques sont : les bases de données ; les agrégations de service (comme SwetsNet); les services en ligne et le Web. Les prix d’abonnement à la version électronique d’un journal sont extrêmement variables. Le second article présente le UK serials group, fondé en 1978. Il regroupe les éditeurs, les agences d’abonnement et les bibliothécaires responsables des abonnements. L’arrivée du journal électronique a quelque peu modifié le fonctionnement du groupe. Actuellement ce sont les communautés universitaires et le groupes pharmaceutiques qui sont les plus actifs sur ce front. La majorité des périodiques électroniques sont simplement une réplique de la version imprimée, mais de nouveaux produits apparaissent et les possibilités qui s’ouvrent excitent beaucoup de gens : publication plus rapide, interactivité, lien des citations avec le texte intégral, etc… L’E-journal éliminera sans doute la version imprimée : à court terme dans le domaine de pointe, à long terme dans d’autres domaines.

  • (33) La documentation en ligne. Pré-séminaire de Nancy. 26 mai 2000. in : Bulletin D’informations De L’ABF. N° 188. 3ème trimestre 2000 ( p. 81-106)

Dans le cadre de son congrès annuel de Metz, l’ABF avait organisé deux pré-séminaire : celui qui s’est tenu à Nancy avait pour thème : la documentation scientifique électronique en ligne. La première partie a été consacré à l’état du droit en la matière, avec trois interventions : Droit d’auteur et documentation électronique (A MARTER); l’état du droit : la perspective des bibliothèques (F J FRIEND). ; les périodiques électroniques en ligne : l’offre éditoriale (S JEROME). La seconde partie s’est intéressée aux pratiques des usagers, à travers : un exemple de consortium pour la fourniture électronique des documents : Couperin, à Strasbourg (I REIBEL); l’offre électronique du CNRS (F ANDRE); les technologies de l’information : quels changements dans les services de l’université (B VAN DOOREN). Une table ronde a de plus débattu de l’édition électronique.

  • (34) La gestion quotidienne des périodiques électroniques. / Bawin, Marc-Henri; Mottet, Philippe. – in : Cahiers De La Documentation. Vol 53 N° 1. 1999 (26-39)

L’apparition d’Internet et sa facilité à diffuser l’information de façon électronique ont sensiblement modifié le monde de l’édition et particulièrement le domaine des journaux scientifiques. Cet article analyse tout d’abord les divers aspects de l’accès aux revues électroniques : avantages et inconvénients des journaux électroniques ; informations disponibles sur le Web : types d’informations, accès aux sites ; modalités d’accès : restrictions par adresses IP ou par mot de passe. Il étudie ensuite les formats de lecture en distinguant les documents prêts pour une publication en format électronique quelconque versus les documents déjà publiés sous forme papier (formats GIF, JPEG, PGN)et les documents textes : fichiers textes ASCI simple, fichiers dans un langage de balisage (SGML, HTML, XML), fichiers traitement de texte, fichiers PostScript et parents, fichiers PDF et RealPage.

  • (35) Le nouveau monde numérique : le cas des revues universitaires / Guylaine Beaudry et Gérard Boismenu. – Paris : la Découverte, 2002. – 178 p. : graph. ; 24 cm ISBN 2-7071-3893-2

Sur le développement foudroyant des revues électroniques issues des presses universitaires.

  • (36) Le numérique au secours du papier. L’avenir de l’information scientifique des historiens à l’heure des réseaux [en ligne] / Dacos (Marin). – in : Cahiers d’histoire, n° 1, 1er trimestre 1999 URL : http://www.revues.org/cahiers-histoire/1-1999/02-1-1999.html [consulté juin 2003]

Pour répondre aux nouvelles conditions économiques et scientifiques de l’édition, la communauté des historiens ne peut plus ignorer la publication électronique. Internet n’est pas seulement capable de soulager l’édition classique des secteurs les moins rentables de la recherche historique : le  » réseau des réseaux  » peut fonder une République mondiale des Lettres qui n’est, pour l’instant, qu’une utopie. Disposant d’atouts inédits, épaulée par le courrier électronique comme nouvel outil de débat scientifique international, l’édition électronique ne doit plus être considérée comme un gadget pour médias en mal de sensationnel. Elle tend au contraire à s’affirmer comme un outil majeur dont la maîtrise dictera une nouvelle géographie scientifique au sein de laquelle l’histoire francophone n’occupe pas une position centrale au début de l’année 1999. Après avoir tenté de démontrer les atouts scientifiques d’Internet et de répondre à ses nombreux détracteurs, cet article dresse le bilan de la présence des historiens sur le Web et propose une rapide initiation aux trois principales utilisations du réseau (navigation, listes, publication).

  • (37) Les journaux électroniques sur l’Internet / Pineau, Laetitia. – Mémoire INTD. N°24-45. 1994

L’Internet représente une révolution dans l’édition des périodiques. Les avantages et les inconvénients des journaux électroniques sur l’Internet sont illustrés par les exemples concrets de PACS REVIEW, AJCCT et le projet TULIP.

  • (38) Les journaux scientifiques sont menacés par la concurrence d’Internet / Butler (Declan), Fleaux (Rachel). – in : Le Monde, vendredi 22 janvier 1999. p. 21.

Mince article sur la mise en parallèle des revues traditionnelles et de leurs concurrentes : les revues émergentes, électroniques, disponibles via Internet.

Portail assez intéressant renvoyant à la fois sur les sites des éditeurs et sur les différents portails, bases de données et bibliothèque virtuelles.

Page Web présentant globalement les périodiques électroniques. Renvoie entre autres sur les études de l’URFIST.

  • (41) Publications électroniques et revues savantes : acteurs, rôles et réseaux. / Boismenu (Gérard), Beaudry (Guylaine). – in : Documentaliste-Sciences de l’Information. Vol. 36 , n° 6, nov.-déc. 1999, p. 292-305.

Article extrêmement intéressant présentant entre autres la structure économique du secteur des périodiques électroniques à travers l’étude des éditeurs de revues dominantes, le coût des abonnements, la fréquence d’utilisation et d’impact. Aborde aussi la valeur ajoutée de l’électronique pour l’imprimé et la problématique des réseaux.

  • (42) The new age of the book [en ligne] / Darton (Robert). – in : New York Review of books, 18 mars 1999.

URL : http://www.nybooks.com/nyrev/WWWarchdisplay.cgi?19990318005F [consulté juin 2003]

Davantage sur le livre électronique.

Les Sciences Humaines et Sociales et le support électronique :

  • (43) Etude économique et juridique d’un portail pour les revues françaises en sciences humaines et sociales / Jean-Michel Salaün, Alain Marter, Benoît Epron, Stéphane Béllina. – Institut des Sciences du Document Numérique, Novembre 2001.

Un des documents de référence. Décrit les différents projets pour la diffusion de revues électroniques en SHS : Muse, JSTOR, Ingenta… Egalement la dimension politique et juridique d’un tel projet.

  • (44) Etude prospective : Les revues numériques francophones en sciences humaines et sociales. Dossier Urfist-Paris, réalisé par Claire Lepeutrec sous la direction de G. Chartron Juin 2000 [site Internet]

URL : http://www.ccr.jussieu.fr/urfist/revueshs/som.htm [consulté juin 2003]

L’état des lieux de la situation des revues électroniques en SHS. L’étude des différents portails et bases de données. L’étude d’un secteur : la géographie.

  • (45) Evolution, révolution et contre-révolution : les publications numériques en SHS / JC Guédon. – in : Conférence à l’Ecole Nationale des Chartres, juin 2000
  • (46) La toile fait-elle autorité ? / Sylvain Rheault. – in : Surface, dossier « Humanités et informatique, qui a les commandes ? », vol.8, 1999.
  • (47) L’édition scientifique face à Internet « bibliothèque numérique » / Chartron. – in : cours INRIA, 9-13 octobre 2000, « L’édition de recherche en Sciences humaines et Sociales face à Internet. »

Quelques points abordés :

Les éléments majeurs de la crise éditoriale en SHS

La complémentarité du papier et de l’électronique

Les éditeurs face à l’Internet.

  • (48) Les chercheurs et la documentation numérique / Chartron. – Paris : éd. Du Cercle de la Librairie, 2003. – p. 35 à 37 : « développement en sciences humaines et sociales » et p.221 – 227, chapitre 7 : « l’émergence des études littéraires françaises sur Internet : une dynamique sans retour. »

Des informations très intéressantes sur l’attitude des chercheurs en sciences humaines et sociales face à l’édition numérique et une étude appliquée à un secteur particulier : les lettres.

  • (49) Les sciences humaines tuées Net ? / Garcia (Daniel). – In : Livres hebdo, n° 331, 02 avril 1999. p.6-9.

Court article ayant l’intérêt d’aborder le secteur des Sciences Humaines et de l’Internet.

  • (50) « L’open source dans les sciences humaines : modèles ouverts de recherche et de publication sur Internet », 21 et 22 janvier 2002 et autres études [site Internet]

URL : http://www1.mshparis.fr:8099/html/activduprog/ZeEtudes/index_Tri.asp?ID=Usage [consulté juin 2003]

Nombreuses études sur ce site.

  • (51) Projet expérimental de bibliothèque numérique pour les étudiants en sciences humaines et sociales / Marc MINON. Rapport d’activité – mai 2003

Ce rapport d’activité présente un projet concret de développement de bibliothèque virtuelle à destination d’un public étudiant, dans les domaines SHS.

• (52) Textes, corpus littéraires et nouveaux médias électroniques : quelques notes pour une histoire élargie de la littérature / Christian Allègre. – in : Etudes françaises, 36/2/200, p.59-85

Les revues électroniques littéraires

Lancé début 1999, le site Fabula se veut un lieu de ressources et de rencontre destiné aux chercheurs visant à la diffusion de l’information scientifique et de la connaissances en matière de théorie et de poétique littéraires.

Groupes diffusant des articles en texte intégral sur les lettres (54) :

http://groupugo.div.jussieu.fr

http://www.c18.org

http://www.cavi.univ-paris3.fr/phalese/hubert1.htm

http://www.lettres.net

http://www.u-grenoble3.fr/montesquieu

http://www.univ-rouen.fr/flaubert/

http://www.voltaire.ox.ac.uk


Annexes

SOMMAIRE DES ANNEXES

Annexe 1 : La lutte pour l’Open Access : Mail adressé à la liste de diffusion de l’ADBS le 01 septembre 2003

Annexe 2 : Cahier des charges pour la création d’une base de données : E-revues SHS, base de données des périodiques électroniques en Sciences humaines et sociales (Proposition faite par Aurélie Wellenstein, INTD)

Annexe 3 : Panorama de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques en SHS (Tiré de E-RevuesSHS)

Annexe 4 : Une idée graphique des acteurs du marché des revues électroniques en ligne en SHS : Capture d’écrans

Annexe 5 : Questionnaire distribué par mail à 102 chercheurs SHS des universités Paris I et Paris X.

Annexe 6 : Statistiques extraites de la base de données E-revuesSHS


Annexe 1 : La lutte pour l’Open Access : Mail adressé à la liste de diffusion de l’ADBS le 01 septembre 2003

SOURCE DE L’INFORMATION : CORDIS-RAPIDUS

CORDIS Database: NOUVELLES

Nouveaux magazines scientifiques pour promouvoir la diffusion gratuite des connaissances

Numéro de contrôle d’enregistrement : 20697

Date: 2003-08-11

Catégorie : Divers

Information générale : Une association de chercheurs mécontents des coûts d’abonnement aux magazines scientifiques a décidé de fonder une « bibliothèque publique des sciences », qui consiste en une nouvelle série de publications en ligne accessibles gratuitement à tous.

Lorsque les scientifiques soumettent les résultats de leurs recherches à l’examen de leurs confrères, les principaux critères que la plupart prennent en considération pour le choix d’une publication sont sa réputation et son tirage. Récemment, un groupe de chercheurs dirigé par Harold Varmus, l’ancien Directeur de l’institut national de la santé des Etats-Unis, s’est toutefois inquiété de l’effet d’un prix d’abonnement élevé pour la diffusion des connaissances.

Il y a plusieurs années, M. Varmus avait adressé aux éditeurs des principaux magazines scientifiques une lettre signée par quelque 30.000chercheurs afin de les appeler à mettre en ligne gratuitement leurs articles de recherche archivés. Le groupe souhaitait remettre en question les abonnements onéreux, qui se chiffrent parfois à plusieurs milliers d’euros par an, en attirant spécialement l’attention sur le potentiel de diffusion économique offert par le web.

M. Varmus affirme que la majorité des éditeurs ont rejeté cette demande afin de protéger les bénéfices qu’ils récoltent grâce à la ventd’abonnements aux bibliothèques. Avec ses collègues, il a dès lors décidé de prendre les choses en main.

La bibliothèque publique des sciences publiera en octobre les premières éditions de « PLoS Biology » et « PLoS Medecine », qui seront mises gratuitement à la disposition des utilisateurs sur le web, dans le but d’engendrer une circulation libre des données et des résultats. Les coûts de production des magazines seront couverts par une participation modique des organisations et des institutions qui ont financé les recherches.

M. Varmus pense que la diffusion gratuite des connaissances, en particulier lorsqu’elles résultent de recherches financées par les deniers publics, constitue un principe important et devrait garantir la réussite de la bibliothèque publique des sciences. L’on ignore toutefois encore le nombre de scientifiques qui privilégieront ce principe à une publication dans les magazines considérés comme les plus prestigieux dans leur discipline.

Fournisseur des données: Press sources (New York Times)

Référence : D’après des informations recueillies dans la presse (New York

Times)

Codes Index de sujet : Aspects économiques, Recherche scientifique

Personne à contacter : Pour tout renseignement complémentaire, consulter le

site web suivant: http://www.publiclibraryofscience.org/

Electroniquement votre.


Annexe 2 : Cahier des charges pour la création d’une base de données :
E-revues SHS :

Base de données des périodiques électroniques
en Sciences humaines et sociales :

Proposition faite par Aurélie Wellenstein, INTD

Sommaire :

1. positionnement du projet

  • Analyse de l’existant
  • Les besoins

2. Objectifs

  • Objectif 1
  • Objectif 2
  • Perspectives

3. solution

  • Données bibliographiques
  • Démarche de recherche
  • Domaines envisagés
  • Pays pris en compte
  • Arborescence

4. spécifications techniques

  • Langue de la base de données
  • Spécifications techniques générales
  • Charte graphique – Maintenance

5. Délais

1. Positionnement du projet

Analyse de l’existant : bibliothèques virtuelles et bases de données recensant les périodiques électroniques en SHS

Ulrichsweb : renvoie à des résultats erronés : les revues dont les facteurs d’impacts sont comptabilisés par l’ISI sont considérées à tort comme des revues électroniques en texte intégral disponibles sur le Web.

EZB : excellente bibliothèque virtuelle (langue : anglais / allemand), fournie et régulièrement actualisée mais au contenu encore trop général pour un public de chercheurs (exemple en littérature : présence de revues diffusant des fictions d’auteurs contemporains, peu pertinente pour des chercheurs en littérature.) Indexe également des newsletter, des forums et le fonds de Gallica.

Les autres : contenus restrictifs : limités aux collections présentes dans la bibliothèque physique du site ou contenus très spécialisés (exemple : en psychologie) et ne permettant pas une vue d’ensemble des différentes disciplines en SHS.

Constat : Les informations sont fragmentées dans plusieurs catalogues collectifs qu’il faut consulter successivement. Les étudiants, les enseignants-chercheurs, le grand public sont confrontés à une complexité de démarche et à une opacité des collections préjudiciables à l’enseignement et à la recherche. Le moyen premier est de mettre à disposition des étudiants et des enseignants-chercheurs un catalogue unique, qui permette le signalement, l’identification et la localisation sur la toile des revues, et facilite l’accès à leur contenus.

Conclusion : Il faudrait réussir à croiser tous ces projets pour obtenir une base de données suffisamment spécialisées pour proposer aux chercheurs à la fois une vue d’ensemble de l’offre éditoriale en périodiques électroniques SHS et des contenus pertinents.

Les besoins

Après une enquête sur le point de vue et la pratique des chercheurs vis-à-vis des revues électroniques en SHS, on peut cerner principalement les attentes suivantes :

– avoir une meilleure visibilité des productions,

– faire connaître le savoir et le savoir faire donc permettre de développer la discipline,

– une plus grande ouverture sur l’international, avoir une meilleure connaissance des revues et publications étrangères,

– un raccourcissement des délais,

– une qualité de reproduction des documents autres que textuels,

– une facilité de diffusion et d’indexation donc de repérage.

Panorama de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques en Sciences Humaines et Sociales disponibles via Internet, Aurélie Wellenstein

Pour les premiers points, la création d’une bibliothèque virtuelle dédiées aux revues électroniques SHS pourrait être utile.

2. Objectifs

Objectif 1 : La politique d’abonnement en SHS : aider aux décisions.

Public visé : les décideurs de l’INIST

Dresser un panorama de l’offre éditoriale en matière de périodiques électroniques en Sciences Humaines et Sociales, afin que les décideurs de l’INIST aient une vue globale du marché lors du choix des commandes de périodiques.

Objectif 2 : Mise en ligne : Un répertoire valorisant l’accès aux périodiques électroniques en SHS

Public visé : étudiants, enseignants, chercheurs, tout public.

La base de données des périodiques électroniques en SHS occuperait une place d’intermédiaire entre la prolifération d’informations spécialisées en SHS et le public de l’INIST (étudiants, chercheurs, enseignants…) tout en valorisant le média qu’est la revue électronique en SHS.

Cette organisation, spécifiquement documentaire, peut s’organiser autour d’actions prioritaires :

la découverte du marché, faire connaître les multiples revues qui existent, ouvrir une porte d’accès via des liens à ces revues : gratuites (accès direct) ou payantes (lien vers le site de la revue.)

3. Solution

Pour remplir ces objectifs, on pourrait constituer une base de données en HTML. Ce site serait la vitrine de l’offre éditoriale actuelle en matière de périodiques électroniques en SHS et proposerait pour chaque revue, une description bibliographique.

Données bibliographiques

Pour chaque revue, on préciserait :

– Titre

– Editeur

– ISSN électronique (si disponible)

– Accès (gratuit, payant ou gratuit si abonnement à la version papier)

– URL

– Domaine / discipline

– Portails (ex : Project Muse, JSTOR, INGENTA…)

– Langue des articles

+ : Il serait intéressant de pouvoir accéder à une rapide description du contenu de la collection.

Démarche de recherche

Pour effectuer une recherche dans la base, 3 à 4 entrées sont envisageables :

recherche par Titre

recherche par Editeur

recherche par Domaine (discipline)

Les domaines envisagés

Compte tenu des délais, on ne pourra pas être exhaustif.

On s’appuiera sur les sections du Comité National de la Recherche Scientifique 2000-2004.

On essaiera de traiter l’intégralité des domaines suivants :

Section 31 : Hommes et milieux

Anthropologie

– Préhistoire et protohistoire

– Ecologie

Section 32 : Mondes anciens et médiévaux

Archéologie

Section 33 : formation du monde moderne

Histoire des arts

Section 34 : représentations, langage, communication

– Linguistique

– Traitement automatique des langues, communication homme-machine

Section 35 : pensée philosophique, sciences des textes, création artistique, scientifique et technique

– Philosophies antiques, médiévales, modernes et contemporaines

– Théorie des arts et esthétique

– Littératures françaises et étrangères

Section 36 : sociologie, normes et règles

Interaction individus-sociétés

– Démographie

Section 38 : Unité de l’homme et diversité des cultures

Les domaines du religieux

– Ethnologie

Les pays pris en compte

Principalement :

– France

– Canada

– Angleterre

– USA

– Allemagne

– Espagne

Arborescence

Page 1 : Accueil

Présentation rapide de la base de données.

Page 2 : Les revues par titre

Contenu de la base de données par ordre alphabétique de titres. Liste de liens renvoyant aux détails bibliographiques du périodique choisi.

Page 3 : Les revues par éditeurs

Liste alphabétique des différents éditeurs cités dans la base de données, avec liens vers une page leur étant consacrée et recensant toutes les revues qu’ils ont publié. De la même façon qu’en 2, des liens pourront renvoyer, pour chaque titre, aux détails bibliographiques du périodique choisi.

Page 4 : Les revues par disciplines

Liste des disciplines SHS traitées par la base, détaillées, et renvoyant sur les pages correspondantes, ex: Section 34 : représentations, langage, communication

Linguistique

Lien de « linguistique » vers la page recensant les revues électroniques existant en linguistique.

Dans la mesure où le volume de données est très important, pour garder des pages ergonomiques et facilement manipulables, le contenu sera fractionné. Par exemple : des lettres A à C, puis de C à F, etc.

4. Spécifications techniques

Langue de la base de données

Français

Spécifications techniques générales

Langage de programmation : HTML

– Mise en page par des tableaux

– Structure arborescente

– Intégration éventuel d’un petit moteur de recherche

– Précision de la date de création et des mises à jour sur la page d’accueil

– Possibilité de revenir sur l’accueil en cliquant sur le logo « home » de n’importe quelle page du site

– Application de styles CSS pour les mises en page et présentations

– Test du site sur plusieurs configurations

– Mise en page en 800×600 s’adaptant aux autres résolutions ; optimisation pour le 1024

– Construction des pages par rapport au débit des modems 56 k

– Interactivité : Email (lien contact)

Chartre graphique

Présentation :

– Homogène

– Claire

– Concise

– Simple

– Intuitive

Graphisme :

– Doux

– Arrondis (icônes)

– Formes carrées et/ou rectangles (tableaux pour les données)

– Couleurs : blanc et crème, bandeau bleu foncé.

– Typologie : arial

Maintenance

Deux possibilités :

– la base est une photographie de l’état du marché à un instant donné, mais cette réalité va perdre de sa pertinence au fil des mois (changements non répercutés)

– mises à jour relativement fréquentes (mensuelles par exemple) seraient à effectuer. En cas de mise en ligne, le contact e-mail doit rester en veille pour répondre aux questions du public.

5. Délais

3 mois

Les 3 mois nécessaires à la réalisation de la base ne permettent pas de couvrir tous les domaines SHS. Un choix sera donc effectué pour que la quantité ne prenne pas le pas sur la qualité des données.

Annexe 3 : Panorama de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques en SHS

(Tiré de E-RevuesSHS)

*Classement par ordre alphabétique de titres*

Sont ici recensés les éditeurs publiant plus d’une revue en SHS.

Entre parenthèses est indiqués le nombre de revues publiées par l’éditeur et indexées dans E-RevuesSHS

A –

American Anthropological Association (4)

Academic Press (12)

Armand Colin (2)

Adams Business Media (1)

Agence pour le développement des relations interculturelle (2)

Alan Guttmacher Institute; JSTOR (5)

American Geographical Society; JSTOR (4)

American Geophysical Union (AGU) (2)

American Historical Association (2)

American Meteorological Society Allen Press (9)

American Sociological Association; JSTOR (3)

Africa Resource Center (1)

Arnold (9)

African Studies Association (3)

American Water Resources Association (2)

B –

Beech Tree Publishing (2)

Benjamins (23)

Blackwell Publishers (88)

Boston University (2)

Brill Academic Publishers (18)

Bryn Mawr College (2)

C –

Cambridge University Press (42)

Canadian Association of African Studies (2)

Carfax Publishing (64)

Centro de Estudos Educacao e Sociedade (2)

Clark Atlanta University (5)

CLEAR (1)

D –

de Gruyter (17)

de Sitter Publications (3)

Deutscher Wetterdienst (2)

Duehrkohp & Radicke (1)

Duke University Press (MUSE ) (24)

E –

Elsevier (61)

E. Schweizerbart Science Publishers (2)

European Geophysical Society (2)

F –

Firenze University Press (2)

Frank Cass Publishers (7)

G –

Guilford Publications (2)

H –

Haworth Press (7)

I –

Imprint Academic (2)

Indiana University Press (Muse) (6)

Inter-Research Science Publisher (2)

IOS Press (2)

Istituti Editoriali e Poligrafici Internazionali (5)

J –

Johns Hopkins University Press (MUSE ) (34)

JSTOR (8)

K –

Kingston Press Ltd (2)

Kluwer Academic Publishers (81)

L –

Lawrence Erlbaum Associates, Inc. (11)

M –

Manchester University Press (3)

MIT Press (8)

Modern Language Association (4)

Multilingual Matters (8)

N –

National Council on Family Relations ; JSTOR (7)

National Science Foundation (2)

O –

Office of Population Research; JSTOR (2)

Ohio State University (3)

Organization of American Historians (3)

Oxford University Press (39)

P –

Palaeontological Society (2)

Pennsylvania State University Press (MUSE) (4)

Population Council (2)

Presses de l’ Université de Montreal (3)

Presses de l’Université de Québec (4)

Princeton University Press (2)

R –

Renaissance Society of America; JSTOR (3)

Rodopi (8)

Routledge (31)

Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland (7)

Royal Geographical Society (1)

Royal Meteorological Society (2)

S –

Sage Publications (76)

SEDES (2)

Society for American Archaeology (3)

Society for the Promotion of Hellenic Studies (2)

Society for the Promotion of Roman Studies (4)

Springer (12)

Stanford University (2)

Swets & Zeitlinger Publishers (2)

T –

Taylor & Francis (49)

Transaction Publishers (4)

The American Society for Ethnohistory (2)

U –

United States Information Agency (2)

University of Western Australia (2)

Universidad Nacional Aut6noma de México (4)

Universitdt Essen (2)

Universitdt München (4)

Université de Laval (2)

Université Paris (2)

University of California Press (9)

University of Chicago Press (19)

University of Hawaii Press (MUSE) (7)

University of London (2)

University of Minnesota Press (MUSE) (1)

University of Nebraska Press (MUSE) (3)

University of North Carolina Press (2)

University of South Africa (2)

W –

Wayne (3)

Wiley (12)

Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung (3)


Annexe 4 : Une idée graphique des acteurs du marché des revues électroniques en ligne en SHS : Capture d’écrans

  • E-RevuesSHS : Recherche par titre, lettre O
  • E-RevuesSHS : Recherche par éditeurs, haut de page
  • E-RevuesSHS : exemple de résultat, recherche par éditeurs : Franck Cass Publichers
  • E-RevuesSHS : recherche par domaines : les domaines traités
  • E-revuesSHS : exemple de résultat, recherche par domaine : …
  • Un grand éditeur : Elsevier, screen d’un résultat de recherche
  • Un grand portail : Ingenta, screen d’un résultat de recherche
  • Le portail à vocation patrimonial : JSTOR, screen d’un résultat de recherche
  • Le portail de la John Hopkins University Press : Muse, screen d’un résultat de recherche
  • Exemple de revue gratuite, issue du portail Erudit 1 et 2
  • E-RevuesSHS : Recherche par titre, lettre O

• E-RevuesSHS : Recherche par éditeurs, haut de page

• E-RevuesSHS : exemple de résultat, recherche par éditeurs : Franck Cass Publichers

• E-RevuesSHS : recherche par domaines : les domaines traités

Panorama de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques en Sciences Humaines et Sociales disponibles via Internet, Aurélie Wellenstein

• Un grand éditeur : Elsevier, screen d’un résultat de recherche

• Un grand portail : Ingenta, screen d’un résultat de recherche

• Le portail à vocation patrimonial : JSTOR, screen d’un résultat de recherche

• Le portail de la John Hopkins University Press : Muse, screen d’un résultat de recherche

• Exemple de revue gratuite, issue du portail Erudit 1 et 2


Annexe 5 : Questionnaire adressé par mail à 102 chercheurs SHS des universités Paris I et Paris X.

Questionnaire :

Les revues électroniques en Sciences Humaines et Sociales :

Le point de vue et la pratique des chercheurs

Dans quelle discipline êtes-vous spécialisé ?

  • Questions générales

Utilisez-vous le courrier électronique pour communiquer avec des collègues en interne et à l’international ? Oui Non

Etes-vous abonné à une liste de diffusion ? Oui Non

Connaissez-vous des sites de diffusion d’articles sur Internet ? Oui Non

Si oui : Lesquels ?

Appréciez-vous la présentation de l’information offerte par le Web et le format HTML ? Oui Non

  • Le contenu des revues électroniques

Pensez vous que le contenu des revues électroniques soit fiable ? Oui Non

Utilisez-vous ce genre de sources d’information ? Oui Non

Vous félicitez-vous de leur existence ? Oui Non

L’utilisation de l’anglais (majorité des revues) vous paraît-elle être un frein ? Oui Non

Vous désabonneriez-vous de la version papier s’il existait un accès électronique ? Oui Non

  • Publier dans une revue électronique

Avez-vous eu l’occasion de publier électroniquement les résultats de vos travaux ? Oui Non

Pensez-vous qu’il soit plus prestigieux de publier dans une revue traditionnelle que dans une revue électronique ? Oui Non

Confierez-vous cotre production à ce type de diffusion ? Oui Non

Quelles craintes éveillent en vous les revues électroniques ?

Le non contrôle des droits d’autres

Le manque de notoriété des revues

La non existence d’un réel lectorat

Le non contrôle du contenu

Des articles écris par les auteurs marginaux (question du « qui parle ? »)

Autres, précisez :

Selon vous quels principaux avantages présentent une revue électronique ?

Maniabilité (facilité de stockage, de correction, de diffusion)

Interactivité (grâce notamment à l’hypertexte)

Chaîne éditoriale plus rapide

Diffusion et consultation indépendante du lieu et du temps

Fonctionnalités éditoriales avancées

Autres, précisez

• L’avenir des revues électroniques en sciences humaines et sociales

Croyez vous en un développement massif de ce type de diffusion des sciences humaines et sociales dace à l’édition traditionnelle en France dans l’avenir ? Oui Non

Pourquoi ?

Encourageriez vous le développement des revues électroniques dans votre discipline ? Oui Non

Y participeriez-vous vous même ? Oui Non

Qu’attendriez-vous des possibilités de l’électronique dans votre domaine ?


Annexe 6 :  Statistiques extraites de la base de données E-revuesSHS

Panorama de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques en Sciences Humaines et Sociales disponibles via Internet / Aurélie Wellenstein. – mémoire DESS-INTD. Promo33. 2003 (102 p.)

Mots clés :

Revue électronique

Internet

Sciences Humaines et Sociales

Edition

Open Access

Base de données

Résumé indicatif : L’élaboration d’une base de données recensant les périodiques électroniques en Sciences Humaines et Sociales disponibles via Internet est le point de départ de cette analyse qui tente de faire le point sur l’offre éditoriale dans ce domaine. Après avoir esquissé une définition de la revue électronique, l’auteur insiste sur les spécificités de ces revues dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales, en les différenciant nettement des revues électroniques du secteur des Sciences Techniques et Médicales. Suit un développement sur les acteurs de cette révolution numérique. Une enquête sur la sociologie des usages est menée auprès d’un public de chercheurs. Les deux grandes tendances du marché sont ensuite analysées : d’un côté, l’édition traditionnelle, de l’autre, les réponses non commerciales, soit le phénomène de l’open access. L’analyse s’achève sur le détail statistique de l’offre éditoriale en matière de revues électroniques SHS afin de saisir l’essence même de ces revues et de leurs éditeurs.

NOTES

1 Les numéros indiqués entre crochets renvoient à la bibliographie en fin de volume.

2 Elektronische Zeitschriftenbibliothek: excellente bibliothèque virtuelle allemande, créée et développée par la bibliothèque de l’université de Regensburg avec la participation de l’université de Munich. En septembre 2003, elle recensait 16712 revues électroniques en ligne sur Internet, en texte intégral, et ce dans les domaines des sciences dures ou sciences humaines et sociales.

3 Ulrichsweb recense entre autres les revues électroniques disponibles sur Internet. Cependant, on a pu y trouver des erreurs de classification gênantes et par exemple, des revues papiers comptées comme électroniques.

4 http://www.cnrs.fr/SHS/
departement/
politique_scientifique.php

(consulté en août 2003)

5 En particulier pour les réflexions portant sur l’utilisation des nouvelles techniques de l’information, et leurs conséquences sociales et économiques.

6 Cf . A role for librairies in eletronic publishing/Franck Quinn, 1994

7 Pour un complément d’informations sur les typologies de revues, on consultera le site http://www.public.iastate.
edu/~CYBERSTACKS/EJI.htm
[consulté le 04/11/2003]

8 En 2003, de nombreuses conférences se sont tenues dans le monde sur le thème de l’Open Access. Parmi elles, on citera Open Access to Scientific and Technical Information: state of the art and Future Trends, qui s’est tenue le 23 et 24 janvier 2003 au Carré des Sciences, à l’initiative du Ministère de la Recherche. On retiendra également la conférence sur le libre accès qui s’est tenue à Berlin les 20, 21 et 22 octobre 2003. Enfin on signalera sur ce thème « DOAJ », le premier annuaire en ligne des revues gratuites et disponibles en texte intégral sur la Toile. Lancé le 12 mai 2003, ce répertoire référence, en fonction de leur catégorie (14 grands domaines actuellement), toutes les revues scientifiques (350 à ce jour) acceptant de laisser leur contenu en accès libre. DOAJ est une base multidisciplinaire créée par l’Open Society Institute de l’université de Lund (Suède). Le but du DOAJ est d’accroître la visibilité et l’accessibilité des revues savantes en accès libre et ainsi de promouvoir leur impact dans la communauté scientifique.

9http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/ [consulté le 24/09/03]

10 http://rzblx1.uni-regensburg.de/ezeit/ [consulté le 24/09/03]

11 http://ulrichsweb.com [consulté le 24/09/03]

©HERMÈS : revue critique et Aurélie Wellenstein
ISSN- 1481-0301
Créée le vendredi 18 août 2000
À jour le lundi 24 mai 2004


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Bibliothécaire des Appalaches
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