Pierre Elliott Trudeau, nationaliste canadien Pierre Blouin

Pierre Elliott Trudeau, nationaliste canadien

Pierre Blouin

« La vertu que développe le gouvernement
démocratique, c’est donc le civisme,
jamais le nationalisme… »
Réponses de Pierre Elliott Trudeau,
Éditions du Jour, 1968

« Je me dis que le Canada n’est peut-être pas éternel… »
Trudeau, après l’accord du lac Meech, 1988

Le Kennedy canadien a existé, avec le même sex-appeal du Pouvoir revampé, avec les mêmes paradoxes. Celui qui proposait la société juste, un capitalisme sous contrôle et le respect multiculturel n’aura été qu’un intendant dans l’Histoire, la véritable, celle des systèmes politiques et économiques, l’histoire de la progression vers l’ultra-libéralisme et le libre-échange mondial. Ses belles convictions anti-duplessistes se sont vite transformées en idées plutôt réactionnaires, en tout cas conformes au conservatisme, toujours en faveur du respect des ordres établis et de leur renforcement à tout prix. Au Canada, cela s’est traduit par une profession de foi en État central fort et discrétionnaire, alors qu’on est censé avoir affaire à une confédération. Le disciple et héritier de Trudeau, Jean Chrétien, s’accroche aujourd’hui au pouvoir avec les mêmes principes, un peu à la façon dont un certain Duplessis l’avait fait avant lui, dans le désordre et le scandale normalisés, par le simple prestige populiste de sa personnalité, sur une scène politique réduite à un parti unique, sans alternative discernable. Mais cette image d’un Chrétien qui, au lendemain de sa réélection de l’automne 2000, joue au golf avec le président des États-Unis chez lui, parce qu’il « a besoin de prendre l’air » (alors qu’il y a tant de grands espaces dans son pays) et qui déride la galerie en disant que lui aussi aurait bien aimé que les Français aient gagné la bataille des Plaines d’Abraham (1759), cette image devenue courante au Canada n’est que du Trudeau sans grâce, sans élégance, sans esprit de séduction. Trudeau était honni par Nixon et ne cessait de choquer les Américains par ses politiques nationalistes canadiennes…

De fait, Trudeau a imposé une notion particulière de l’égalitarisme, qui préfigure le modèle qu’imposera le néo-libéralisme: celle de l’égalité des individus, qui se traduit par les Droits et Libertés (crise d’Octobre, 1970…), par une conception centrée essentiellement sur l’atomisation de la société en personnes égales. C’était sa réponse au rapport de la Commission Laurendeau-Dunton, qui identifiait une crise intérieure suffisamment importante au pays pour justifier une réforme significative de ses structures politiques. Un peuple s’affirmait en tant que tel au Québec, avec ses droits et son identité; devant ce constat, Trudeau se dit: Bien, reconnaissons les droits de tous au pays, sous la forme de la tolérance et de l’accueil multiculturel et bilingue.

Le discours maître du Canada moderne était trouvé. Chaque province n’est qu’une entité administrative, sur le même pied que toutes les autres, et (tout) particulièrement le Québec. La compassion canadienne, c’est que toutes ces composantes s’entraident en se partageant les ressources nationales. Cette politesse collective est censée tenir lieu de mythologie nationale, avec les grands espaces et les protections sociales absentes chez son voisin du Sud.

Cependant, un discours national ne se contente pas de civisme. Paradoxal tout de même pour un anti-nationaliste que de proclamer l’accession du Canada « au rang de pays souverain » à l’issue du rapatriement de sa Constitution en 1982… La souveraineté est bonne pour le Pouvoir établi, mais mauvaise pour les minorités qui visent à s’affranchir, remarquait le député du Bloc québécois Daniel Turp. Lorsque Trudeau s’inspirait de l’exemple de l’Union Soviétique pour vanter le bon sens et la force d’un pays multiculturel, il ne pouvait mieux trouver…

Avant tout, ne pas confondre multiculturel et interculturel, simple coexistence de plusieurs ethnies et respect mutuel entre ces ethnies. Toute la pensée de Trudeau a consisté à ériger une idée de la non-nation et de l’entité idéale, fantasmatique, celle fondée sur le culturel, sur une notion surannée du culturel, sur le folklore culturel, sur la Langue comme mythe, sur la promotion publicitaire et télévisuelle. Sur les droits, sur l’éthique, tout sauf le politique. Le Canada n’est effectivement pas une nation politique, avec une identité et une mythologie politiques (comme le sont la France ou les États-Unis), avec une indépendance économique et politique. Rappelons cette phrase de Kari Levitt (fille de Karl Polanyi), toujours d’actualité: « Canada remains by far the largest branch-plant economy in the world » (« Silent Surrender, The Multinational Corporation in Canada », Toronto, MacMillan, 1970, p. 163). Analysant la complaisance de l’élite économique du pays envers l’investissement direct américain, elle écrivait à propos du Québec: « Those who view Quebec separatism as the main threat to Canada’s survival, might ask themselves why French canadians should remain within Confederation when the dominant English-Canadian majority appear to put such a low value on Canada’s national independance » (p. 148).

Le retour de la Constitution doit être lu dans cette optique, celle, en quelque sorte, d’une indépendance virtuelle, qui, faite avec ou sans l’accord du Québec, ne fut qu’un acte symbolique. Poursuivant la rhétorique de l’Acte de Westminster, le Canada se proclame politiquement indépendant, alors que sa dépendance économique disproportionnée vis-à-vis son « voisin du Sud » ne cesse de s’élargir. Le refus obstiné d’Ottawa d’accommoder les demandes du Québec pour un partenariat canadien « is pushing nationalist forces in the French province to seek their own independant hinterland relationship with the United States, on the theory propounded by an economist close to René Lévesque and the Parti Québécois, that « we have no choice but to strike our own bargain with American capital » (Levitt, p. 152, citant Peter Regenstreif, Montreal Star, January 18, 1969).

Comme pour renforcer les constats de Polanyi, ceux de Pierre Duhamel, éditorialiste de la revue Commerce (octobre 2000, p. 12): « En 1988, année d’entrée en vigueur du traité de libre-échange avec nos voisins, le commerce (canadien) avec les États-Unis représentait 73 % de l’ensemble de notre commerce extérieur. Aujourd’hui, les Américains comptent pour plus de 87 % de nos échanges commerciaux (…) entre 1988 et 1999, nos exportations vers les Etats-Unis ont presque triplé, passant de 108 à 309 milliards de dollars ». (le gras est dans le texte). D’où une conclusion typique de l’esprit continentaliste que l’auteur identifiait dans son texte comme une réalité qui « guette » le Canada: Oublions les traités commerciaux avec le reste du monde, notre débouché, ce sont les USA. Surtout, « N’ayons pas peur de le dire, nous sommes de redoutables commerçants! ».

L’héritage de Trudeau serait-il dans l’intégration au libre-échange nord-américain et au néo-libéralisme planétaire ? Ses visions généreuses et autonomistes des années 70 ne le laissaient certes pas supposer. Cependant, le néo-libéralisme, qui est en gestation dès cette époque, n’a fait qu’accentuer la tendance, sinon la volonté inconsciente d’une élite (cf. les études de Peter C. Newman) à laquelle manque, disait Levitt, le sens défini du « national purpose » et une plus grande confiance en la possibilité d’atteindre son objectif. Le Canada anglais ne cesse d’envier le nationalisme québécois, parce que lui-même est incapable d’arriver à pareille ferveur et pareille profondeur historique et culturelle, à pareille force collective. La nation québécoise renvoie au Canada anglais une image inversée de sa réalité, elle le confronte à son manque, à son vide, à son angoisse existentielle. Chez cette collectivité restée profondément conservatrice et britannisante, quoi de plus inquiétant qu’un Premier ministre provincial qui se prend pour un Messie?

La logique qui conduit du nationalisme clérical et conservateur, celui qu’aimait bien Trudeau, à l’État-entrepreneur ou au « modèle québécois » issu de la Révolution Tranquille, est précisément celle d’une confrontation avec la firme multinationale ou sous contrôle étranger, comme le prophétisait brillamment Kari Levitt. On n’a qu’à relire tout le débat autour de la nationalisation de l’électricité, par exemple. C’est sur ce point que Trudeau commence à avoir ses doutes: jusqu’où aller dans la rénovation de l’économie, dans le rapatriement des instances de décision économique ? Trudeau dit combattre le nationalisme des curés et des élites patriotiques, mais il appréciait bien son aspect soumis et inoffensif: « Le nationalisme d’autrefois, déclare-t-il, qui était un nationalisme de défense, m’est quand même sympathique (…) J’ai attaqué cette doctrine-là à cause de ses conséquences, mais elle me paraît quand même sympathique parce que c’est un phénomène de petit peuple agressé qui se défend comme il peut » (Réponses, p. 51). Plus le peuple est petit et sur la défensive, plus il est sympathique; plus il grandit, se distingue et s’affirme (comme le peuple canadien, son « alter ego » obligé), plus il est aux mains d’une élite hautaine et détestable…

Trudeau continue: « Les néo-nationalistes me semblent d’autant plus condamnables qu’ils se bâtissent une justification philosophico-politique pour un nationalisme d’expansion (…) Au moins le nationalisme d’autrefois ? celui des  [Esdras] Minville, celui de la survivance, celui du retour à la terre ? je le comprenais. Je le comprenais parce que tous les nationalismes de défense sont généralement créés par des nationalismes agresseurs » (id., p. 52).

Double et lourd aveu: il y a deux sortes de nationalismes (et pourquoi pas davantage?), et Trudeau ne comprend pas le nouveau nationalisme, pas plus qu’il ne comprenait les nouvelles indépendances africaines des années 60 (en 1962, dans Cité Libre, il écrivait : « J’étais au Ghana dans les mois qui suivirent son indépendance. Les poètes n’étaient pas meilleurs (…) et surtout les salaires réels n’avaient pas monté (…) les intellectuels n’arrivaient pas à faire comprendre cela au peuple (…) ils leur parlaient de je ne sais plus quelle île perdue dans le golfe de Guinée qu’il fallait « reconquérir » ; finalement, l’armée met l’opposition en prison…(cité dans Le Devoir, 20 septembre 2000, « L’idée d’État-nation est rétrograde »). C’est avec une telle prose populiste que Trudeau analyse les grands problèmes de l’heure et qu’il fonde sa philosophie « humaniste », qui refuse « un milieu où le sentiment tient lieu d’idée » et le nationalisme « en tant que mouvement émotif » (id, Le Devoir). Certes, la nation est porteuse de valeurs certaines: continuité, héritage, traditions, etc, mais ces valeurs doivent être disciplinées et civilisées, placées dans une civilisation où l’esprit objectif et technique domine. Pour cela, il faut « préserver la valeurs nationales » des Canadiens Français sans recourir à la « souveraineté nationale ». Sa solution: « divorcer les concepts d’État et de nation ». Revenir à l’autonomie locale, par l’expérience du « self-government », notion coloniale du XIXème siècle que Trudeau remet à l’ordre du jour pour se donner une assise politique qui vise essentiellement à éviter le discours du pire que lui semble le nationalisme « raciste ».

Donc, Trudeau a de la sympathie pour des nations en défense, même s’il déplore les conséquences, à savoir l’esprit de tribu ainsi engendré. La nation est à droite, parce qu’elle empêcherait les hommes de « communiquer », qu’elle nie la singularité des hommes (Réponses, p. 53). Il ne cesse pourtant d’exalter la singularité « canadian », celle d’une nation qui se construit et se définit dans un internationalisme aux contours assez idéalisants (la compassion, toujours). Les nationalistes « sincères » sont ceux qui veulent sincèrement qu’on rende justice aux Québécois, (Réponses, p. 47), dans une logique de « revendication de nos droits traditionnels » (dixit les PM depuis Bourassa). Être maîtres chez nous, certes, mais pas simplement dans notre petit patelin, mais à la grandeur d’un pays, lequel a été découvert par des Canadiens Français (p. 43). Dans cette logique, pourquoi pas, demain, ne serions-nous pas maîtres du monde, grâce aux échanges économiques qui nous ouvrent les portes de ce monde ? …

Trudeau « était une nouvelle espèce de Québécois, plus préoccupé de liberté et de démocratie que de nationalisme » (Gérard Pelletier, introduction à Réponses, p. 22). Nationalisme égale tribalisme, (les Européens sont là pour en témoigner dans l’esprit de Trudeau, et aussi les Américains de l’Ouest, non ?). En notre ère ultra-libérale et mondialiste, on sait fort bien que liberté et démocratie ne riment pas avec législation nationale, protection et politique sociales… Prophète éclairé à sa manière, tout de même, ce candidat du NPD en 1963 devenu libéral quelques années plus tard… Dans son livre Louder Voices, The Corporate Welfare Bums, (Toronto, James Lewis and Samuel, 1972), le chef du NPD, David Lewis, met en exergue cette citation de Trudeau qui inspire le titre du livre: « And I concede your point, too, that it’s likely we heard more from the vested interests that we did from the little taxpayer who did’nt have… the high paid lawyers who speak for him… I suppose in participatory democracy there will be always some whose voice will be louder than others » (Entrevue à CTV, 28 décembre 1971, sur le Livre Blanc sur la taxation).

La position du brillant intellectuel (aux yeux des masses, pas aux siens certainement) se révèle particulièrement en accord avec un esprit corporatif mondialiste dans le débat qui entoure l’énergie nucléaire. Au cours des années 70, le Canada voit en ses ressources naturelles, hydrauliques, minérales et agricoles, autant que forestières et pétrolières, un atout précieux, qui peut avantageusement servir de base à la revendication d’une identité fondée sur la géographie. Dans le domaine énergétique, le développement de la filière nucléaire apporte son lot de promesses, surtout en cette période d’insécurité d’approvisionnement au niveau mondial. En fait, l’industrie nucléaire et le gouvernement canadien présentent l’énergie fondée sur l’uranium et le plutonium comme la seule alternative possible. Mieux, il s’agit d’une affaire de fierté nationale. Trudeau, dans un discours prononcé à Mexico en janvier 1976, fait de la vente des réacteurs Candu aux pays en développement une obligation morale internationale.  Une petite équipe de ventes de la Commission de l’Énergie atomique adopte la stratégie du Cabinet fédéral, qui se dit basée sur une vocation anti-impérialiste et « autonomiste » (pour ce qui est de la « dépendance énergétique »). Trudeau parle même de la dette technologique du Canada envers les moins favorisés, en vue d’une « équité globale », thème qui reviendra constamment dans ses discours (Tim Metz, Wall Street Journal, 24 juin 1975). L’image d’une nation « non-nationale », pluriculturelle, tolérante, s’accorde ainsi à merveille avec les nécessités d’une technocratie scientifique et corporative qui veut prendre sa place au soleil.

On peut, en effet, parler d’équité: la technologie Candu, qu’on dit sans lien avec les applications militaires, permet à l’Inde de se doter de la bombe atomique en 1974, mettant pour la première fois en danger la sécurité dans cette partie du monde. Nombre d’experts dénoncent à l’époque les dangers inhérents à la technologie commerciale développée par le Canada en matière de nucléaire: déchets, pollution radioactive sur des milliers d’années, coûts totaux prohibitifs, etc. À une pétition signée par l’économiste conservatrice Barbara Ward, Maurice Strong, Margaret Mead, Buckminster Fuller, et plusieurs autres personnalités, qui demande un moratoire sur le développement du nucléaire, Trudeau répond: « You’ve got to live dangerously if you want to live in the modern age » (Fred H. Knelman, Nuclear Energy, The Unforgiving Technology, Hurtig Publishers, 1976, p. 179). « We must live with reality… It is inconsistent… that we should now deny to the less-developed countries of the world an opportunity to gain a hand-hold on the technological age » (Knelman, p. 163). Il est encore une fois absolument paradoxal de constater de tels propos chez celui qui, au début des années 60, faisait partie du Montreal Committee for the Control of Radiation Hazards (Comité de Montréal sur les dangers nucléaires, affilié à la campagne mondiale pour le désarmement, et qui était dirigé par Fred Knelman). Trudeau y côtoyait entre autres André Laurendeau, Hugh McLennan, Jean-Louis Gagnon, Pierre Danserau, Frank Scott.

Notons la concordance du discours de Trudeau sur le Progrès avec le discours technologique actuel sur la société de l’information: l’âge moderne est celui des grandes affaires, celui où l’on quitte le Moyen Âge, ses croyances et sa barbarie. Le nationalisme, selon Trudeau, ne peut que nous ramener en arrière, nous faire régresser hors de l’âge d’or technologique. Le nationalisme, dirait-on aujourd’hui, est anti-mondialisant, tout en s’intégrant parfaitement au principe internationaliste (comme le mot le dit). Ce fut le dilemme posé par Pierre Trudeau: « Il faut donc faire face au problème: comment — sans recourir à l’idée absurde et rétrograde de souveraineté nationale — comment pouvons-nous préserver les valeurs nationales des Canadiens-Français ? » (Le Devoir, idem).Toute la problématique canadienne pourrait se résumer à cette question, par ailleurs absurde en elle-même: comment nommer une tomate une pomme ? Comment reconnaître une nation en évitant de la nommer nation ? Réponse: le pluralisme, ce composé providentiel, dans l’air des années 60 et surtout 70, sur le mode du melting pot américain, qui qui préserve les valeurs dites nationales grâce à une « large mesure d’autonomie locale », dans une grande nation, qui, elle, est un véritable État. Un nation symbolique, nominative, inscrite sur les plaques des monuments et sur le papier à lettre de l’État, qui nous fait se sentir une nation, sans les responsabilités, sans les inconvénients, qui ne sont pas pour nous, qui comportent des risques inouïs. Sophisme ou argument rigoureux ? En 1968, ce même Pierre Trudeau reconnaissait que les États-Unis étaient un pays démocratique, État souverain, qui a le droit de « suivre la politique étrangère qu’il croit la meilleure », avec toutefois un sens de la sagesse obligée. Le Canada n’a qu’à faire des pieds de nez à cette nation souveraine, comme commercer avec Cuba ou la Chine.(Réponses, pp. 101-102).

Dans l’idée de national, « le sentiment tient lieu d’idée » (Le Devoir, idem). C’est un argument « inapplicable à des hommes d’esprit » (idem), un « crime contre l’humanité », dira-t-il plus tard des revendications québécoises. Vouloir exister en dehors des grands ensembles abstraits pluriethniques ou pluriculturels (tolérants et humanistes) est un crime en soi. Octobre 1970 et la Loi sur les mesures de guerre en témoignent, mais ce ne fut là qu’un incident malheureux dans une célèbre carrière…

Résumé de la pensée fine et structurée d’un grand nationaliste canadien sur la nation québécoise: « On s’est mis à faire comme la grenouille qui veut être plus grosse que le boeuf. On s’est mis à faire du « pettage de bretelles », si vous me permettez l’expression. Puis, depuis 1962, on se « pette les bretelles ». Puis on va finir par se petter la gueule. C’est ce que je pense. » (Réponses, p. 55). C’est là bien entendu, l’avatar insoupçonné du colonialisme poussé jusqu’au mental, propre d’ailleurs à tous les groupes dominés, et particulièrement à leurs élites. Mais consolons-nous, car le même homme reconnaîtra bien des années plus tard que l’indépendance québécoise ne l’empêcherait pas de couler le reste de ses jours dans sa maison de la rue des Pins. Fausse alerte. Les tigres, quels qu’ils soient, sont toujours de papier. Ils retardent l’Histoire, c’est tout, mais c’est déjà trop.



© Tous droits réservés, Pierre Blouin
À jour le 4 avril 2001
Hermès : revue critique

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